Face à la crise
Le chômage explose,les agents Pôle emploi aussi !

Le mois de janvier a connu un bond de 90 200 nouveaux inscrits à Pôle emploi, où 68 000 dossiers d’indemnisation sont en souffrance.
L’ampleur de la récession commence à se traduire pleinement dans les statistiques mensuelles du chômage. Après des mois de novembre et décembre déjà catastrophiques sur le front de l’emploi
(respectivement + 64 000 et + 46 000 inscrits à l’ANPE), le mois de janvier a marqué une accélération dans l’augmentation du chômage, avec 90 200 personnes venues grossir la catégorie 1 de Pôle
emploi, recensant les chômeurs disponibles à la recherche d’un emploi en CDI à temps plein. Le nombre d’inscrits dans cette catégorie s’élève ainsi à 2 204 500, en augmentation de 4,1 %
sur un mois et de 15,4 % sur un an. Si l’on comptabilise l’ensemble des catégories sauf la 5 (personnes en emploi cherchant un autre emploi), la note grimpe à à 3 506 600 demandeurs
d’emploi en métropole.
La ventilation par âge montre que les jeunes sont les plus touchés, avec un nombre d’inscrits en progression de
5,1 % sur un mois et de 23,1 % sur un an.
L’analyse des motifs d’entrée au chômage révèle un bond des inscriptions après licenciement économique (17 600). Si elles ne représentent que 3,8 % des entrées (contre 26 % pour les
fins de CDD et 12 % pour les fins de mission d’intérim), elles ont bondi de 23,5 % ces trois derniers mois par rapport aux trois précédents, contre 7,2 % pour les fins de CDD
(104 100) et 7,8 % pour les fins de missions d’intérim (42 900). Mais sur un an, ce sont les entrées pour fin de mission d’intérim qui ont le plus augmenté avec 31,1 %, contre
8,5 % pour les fins de CDD et 20 % pour les licenciements économiques. Des chiffres qui confirment que la crise a d’abord touché, dès la mi-2008, les intérimaires (avec un pic de 47
500 entrées au chômage en novembre), avant de frapper à retardement les emplois en CDI, du fait des délais des procédures de licenciement. Se rendant à l’évidence, le secrétaire d’État à
l’Emploi, Laurent Wauquiez, n’a pu que déclarer « qu’on entre dans une phase où on va avoir des chiffres comme ça sur plusieurs mois ». Pas de nouvelles mesures pour autant : il
a renvoyé aux annonces sur le chômage partiel et sur l’indemnisation des jeunes faites par Sarkozy la semaine dernière.
« Mesurettes », a réagi le syndicat Solidaires, pour qui le gouvernement se contente « d’accompagner la situation avec un plan de relance qui ne relancera rien, car il combine
des cadeaux au patronat et une erreur de diagnostic sur la nature de la crise ». « Mesurettes sociales en complet décalage avec l’urgence de la situation », a également dénoncé
la CGT, qui évoque 68 000 dossiers d’indemnisation en retard à Pôle emploi, et réclame des embauches dans ces services.
Le gouvernement n’annonce aucun renforcement des effectifs mais les agents Pôle emploi ont eu droit à un lot de
consolation. Hier, la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, a tenu à rendre « hommage à tous les personnels de Pôle emploi qui sont évidemment en surcroît d’activité et qui font tous
leurs efforts pour vraiment aider les licenciés, les jeunes à la recherche d’un emploi ».
Fanny Doumayrou
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