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Le TGV pris en otage par l’UMP ?

mercredi 18 février 2009, par Lidice Mozes / "le Patriote"


Ce n’est pas parce que Michel Vauzelle est arlésien que cette ligne LGV PACA qui doit relier Paris à Nice en 4h (au lieu de 5h30 à l’heure actuelle) est sans cesse repoussée. Non cette fois, alors qu’une décision devait être prise, elle est de nouveau reportée au 30 juin. Il apparait certain qu’elle est maintenant un enjeu politique au sein de la droite en PACA.

Ce report au 30 juin ne serait-il pas une forme de report aux calendes grecque ? Alors que l’ensemble des élus UMP sont satisfaits Gérard Piel Vice Président Chargé des Transports émet de grandes réserves « encore une réunion sans décision alors que l’Etat disposait de tous les éléments, depuis un an, lui permettant de donner son feu vert à ce projet très important pour la Région. Nous actons tout de même la volonté du ministre Jean-Louis Borloo, affirmant que cette ligne était une priorité et qu’il fallait absolument la réaliser dans le planning prévu. » Dans un communiqué commun du 12 février avec Alain Patouillard, Président de l’Association TGV Var Nice Côte d’Azur, ils se disent même inquiets quand à la réalisation de cette ligne.


Divisions à droite


Les prises de positions très vives prises des élus UMP des Bouche du Rhône et du Var - la maire d’Aix en Provence Maryse Joissains en tête, contre le tracé nord évitant Marseille et Toulon ont envenimé la situation. Ils ont d’abord annoncé leur refus de payer un centime si ce tracé était choisi, critiquant ce projet d’arc méditerranéen entre Gênes et Barcelone évitant Marseille et Toulon. « Un projet de LGV délaissant la première et troisième ville de la région ne peut être pertinent pour l’avenir » déclare la maire d’Aix. Et le poids des collectivités territoriales pèse de plus en plus fort dans cette décision soumise aux problématiques d’un projet très couteux à financer. Le groupe communiste et partenaire de la Région Paca dénonce d’ailleurs « l’annonce faite aux élus d’une participation des collectivités territoriales à hauteur de 40 % [qui] marque une fois de plus le désengagement de l’Etat alors que celui-ci évoque le Grenelle de l’environnement pour labelliser ce projet. De qui se moque-t-on ? Le choix de la clé des financements va compliquer un peu plus la décision »

Fin janvier, Eric Ciotti, président du Conseil général des Alpes Maritimes avait joué la provocation en annonçant être sûr que le tracé nord serait choisi et que la question du financement ne serait pas un problème sans la participation du Var et des Bouches du Rhône ! Un grand coup de bluff qui tombe à l’eau avec ce nouveau report. Le président du département se la joue d’ailleurs beaucoup plus conciliant en déclarant : « Aucune décision définitive n’a été prise. Il a été décidé de nouvelles et ultimes études afin de confirmer ou d’infirmer les certitudes de RFF. Globalement, je ne peux qu’être satisfait ». Cela s’appelle clairement mettre de l’eau dans son vin d’autant qu’en face la Maire d’Aix crie presque victoire « je ne crie pas [victoire] tant que nous n’aurons pas définitivement gagné la guerre, mais je suis satisfaite d’avoir remporté cette bataille ».


L’enjeu des Régionales


Le groupe UMP se divise donc entre les Est et l’Ouest. Ce choix de tracé est un panier crabe qui pourrait bien jouer le rôle de panier percé lors des élections régionales de 2010. Si la droite UMP venait à se diviser, cela coulerait toutes leurs chances de reprendre la région à la gauche. C’est d’ailleurs ce que l’on pouvait comprendre après les déclarations du président socialiste de la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole (MPM) Eugène Caselli tenus mardi 10, juste avant la réunion du 11 avec Jean-Louis Borloo. Il estimait que la décision du tracé serait « renvoyée après les régionales ». Serait-ce donc pour apaiser les tensions et trouver un arrangement que la décision du tracé est de nouveau reporter ? On est en droit de se poser la question sur la finalité de ces nouvelles études. Que vont-ils de nouveau étudier qui n’aurait pas déjà été fait ? Et pour quel coût ? Il faut savoir que l’ensemble des études ont déjà coûté plus de 8,7 millions d’euros !

Dans ce jeu politique au sein de l’UMP en PACA, ce sera à qui tire la corde le plus fort ! A l’Est ou à l’Ouest ? Hubert Falco, maire de Toulon et actuel secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire avait fait savoir sa légère préférence pour le tracé nord – principalement pour des raisons de coûts moindres et de faisabilité- mais il se retrouve ici entre le marteau et l’enclume. En effet, s’il veut être tête de liste UMP aux régionales, il a besoin de l’appui des élus du Var et des Bouches du Rhône.

Alors, ce report au 30 juin va-t-il permettre de concilier les élus UMP. Un médiateur a été nommé. Si Jean-Louis Borloo a assuré de la mise en place de cette ligne LGV dans les délais prévus, celle-ci apparait de plus en plus comme un mirage ! On croit la toucher mais elle est de nouveau reporter !

Si le terme otage a souvent été utilisé pour stigmatiser la population du 06 contre les grèves des cheminots, pourquoi n’est-il pas utiliser ici ? Car ce ne serait pas 30 000 personnes mais plus d’un million de personnes pris en otage par le jeu politique de l’UMP.


Julien Camy


LGV le coût des études Jusqu’à aujourd’hui le coût total des études ainsi que l’organisation du débat public s’élève à 8 773 314 euros.

Les dépenses se répartissent ainsi : Etat (2 140 328euros), RFF (1 928 000euros), Région (1 246 462euros), Monaco (211 000euros), CG06 (470 465euros), CG13 470 465euros), CG83 (470 465euros), Communauté agglo Marseille (470 465euros), CANCA (470 465euros), SNCF (212 000euros), Aix en Provence (211 000euros).

http://www.le-patriote.info/spip.php?article2651

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Tag(s) : #Politique
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