Actus humanite.fr mercredi 18 février 2009
Guadeloupe : un syndicaliste tué par une balle près d'un barrage !
Un homme d’une cinquantaine d’années a été tué par une balle tirée "depuis un barrage tenu par des jeunes" dans la
nuit de mardi à mercredi à Pointe-à-Pitre, a-t-on appris auprès de la cellule de crise de la préfecture, confirmant une information d’Europe 1.
La victime, était "un syndicaliste qui revenait d’un meeting" et a été tuée alors qu’elle se trouvait à bord d’une voiture dans la cité Henri IV, une zone sensible du quartier Chanzy à Pointe-à-Pitre, selon cette source, jointe par l’AFP au téléphone depuis Paris.
Une personne qui se trouvait près de la victime au moment des faits est actuellement auditionnée par la police judiciaire.
C’est en accompagnant des pompiers venus porter secours à ce syndicaliste que trois policiers ont été légèrement blessés dans la soirée, par des tirs de plombs, provenant "vraisemblablement d’une arme de chasse", a encore indiqué un responsable de la cellule de crise.
Les secours avaient été prévenus vers 00H18 (05H18 à Paris) de la présence d’une personne blessée par balle à bord d’un véhicule. Mais après avoir essuyé des tirs de projectiles, ils ont demandé à la police de les accompagner. Et ce n’est qu’une fois le site "sécurisé", vers 02H50 (07H50 à Paris), qu’ils ont pu approcher du syndicaliste, entre-temps décédé, selon la préfecture.
Le procureur de la République de Point-à-Pitre Jean-Michel Prêtre a indiqué à l’AFP qu’il donnerait une conférence de presse sur cette affaire à 09H30 (14H30 en métropole).
Le secrétaire général de la préfecture de Guadeloupe, Hubert Vernet, a donné comme version à l’agence Reuters que la victime "s’est trouvée devant un barrage et, semble-t-il, en voulant faire demi-tour a été tabassée et s’est fait tirer dessus par des jeunes qui tenaient le barrage".
Elie Domota, principal dirigeant du LKP à l’origine de la grève en Guadeloupe, a réagi en jugeant "désolant" qu’il faille "à chaque fois" un mort pour faire avancer la résolution des problèmes sociaux dans l’île. Après avoir lancé des appels au calme sur les ondes locales, il a jugé que "c’est quasiment la Guadeloupe qui est en train d’exploser", en appelant à "des solutions urgentes, immédiates, mais également durables".
Outre ce décès, la cellule de crise la préfecture a établi un bilan des affrontements de la nuit, recensant 15 commerces pillés, 7 établissements incendiés, 21 véhicules brûlés, 13 interpellations et une soixantaine d’interventions de pompiers.
La ministre de l’Intétieur Michèle Alliot-Marie a décidé de tenir mercredi à 16H00 à Paris une réunion "consacrée à la sécurité publique aux Antilles".
Le PCF a dépêché une délégation aux Antilles, composée de Pierre Laurent, coordinateur national du parti, Jean-Louis
Lemoing, membre de l’exécutif national chargé des DOM/TOM et Guy Fisher, sénateur communiste. La mission était mercredi en Martinique, et se rendra dans la soirée en Guadeloupe. "Nicolas
Sarkozy et son gouvernement ont une attitude irresponsable en méprisant ainsi les Antillais. Combien de morts faudra-t-il pour que Nicolas Sarkozy retrouve sa lucidité et accède enfin aux
revendications des syndicats ?", écrit le PCF dans un communiqué.
La délégation communiste, qui restera jusqu’à vendredi soir, rencontrera des représentants politiques et syndicaux de Martinique, puis de Guadeloupe,
Malek Boutih (PS) a assuré : "il y a presque quelque chose de choquant a voir des bataillons de CRS - disons le terme - blancs, affronter une population noire", estimant par ailleurs que ce département d’Outre-mer est "une des banlieues de la France".
Il a pointé un "risque de dérapage très dur", vu "l’accumulation de la frustration d’un mouvement social qui dure depuis près d’un mois et une image renvoyée par la métropole qui est quand même une image de domination".
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