La crise, cause ou effet du licenciement ?
Eguilles. CGT et PCF s’opposent au licenciement d’un employé d’un dépositaire de presse, pour motif "économique" qu’ils jugent irrecevable.
17 février 2009
Hier matin(*), alors que Maxime Picard se rend à un entretien préalable à licenciement, une cinquantaine de personnes
est mobilisée devant Presse Provence, une société de distribution de journaux située à Eguilles. Répondant à l’appel lancé communément par l’union locale CGT et la section PCF du Pays d’Aix, le
comité de soutien entend faire annuler une procédure qu’il Juge « arbitraire ». « Il aura suffi de 2 semaines, le temps que le délégué du
personnel titulaire renonce à ses prérogatives pour raisons personnelles et que je me présente à sa succession pour qu’on me signifie mon licenciement... » s’étonne M. Picard,
« Cette candidature m’a été annoncée 2 jours après l’envoi en recommandé de la convocation, je n’étais donc pas au courant rétorque Jacques Boulon, directeur du dépôt. Comme
dans l’ensemble du secteur presse, notre entreprise a connu une forte baisse de chiffre d’affaires ; la décision de licencier a été prise après concertation avec les comptables ».
Mais l’argument économique ne convainc pas. « Maxime a le plus petit salaire de l’entreprise, le supprimer ne sauverait rien, si tant est qu’il y ait quelque chose à sauver
Le directeur nous annonce un bénéfice de 100 000 € par an sur les trois derniers exercices et il vient d’embaucher un cadre dont le salaire est le deuxième plus important après le
sien... » constate Ingeborg Bonte, secrétaire générale de l’UL CGT. « Celà fait 3 ans que je cherchais un responsable d’exploitation opérationnel, réplique J,
Boulon. Il doit assurer la planification de toute l’activité de l’entreprise, jour et nuit, et ainsi optimiser le rendement ».
Mais, la demande ne manque pas, d’après les syndicalistes « certains employés font des heures
sup tous les mois ». « Il y’a de l’activité, l’entreprise embauche et comme par hasard, le seul qu’elle licencie est un syndicaliste CGT.. » s’insurge
Inge Bonte.
« Critères hasardeux »
En pareille situation, le code du travail stipule les critères à respecter pour le choix du personnel à licencier, notamment l’ancienneté du contrat, « D’autres ont été
embauché après Maxime, note le PCF. Il y a donc violation du code du travail, il a été sanctionné par un patron qui appréciait peu son engagement syndical ». Solidaires, depuis la
semaine dernière, dans de nombreux dépôts similaires, les salariés affiliés à la Fipac-CGT (Fédération des travailleurs des Industries du Livre, du Papier et de la Communication CGT) dénoncent
« une cabale » contre leur syndicat. Jacques Boulan, rappelait que l’entretien devait « permettre d’envisager toutes les solutions » et qu’il se prononcera définitivement sous 7 jours, comme le veut la
loi.
La majorité des salariés de Presse Provence, prévoyaient de bloquer toute entrée ou sortie de journaux la nuit
dernière. Histoire de maintenir la pression.
La Marseillaise, le 17 février 2009
(*) Etaient présents les membres de plusieurs sections CGT locales, P. Dherrèville secrétaire fédéral du PCF, N. Leconte conseillère communautaire du pays d’Aix, L. Purguette secrétaire de la
section du PCF et F. Milcent conseiller municipal d’Eguilles.
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)