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Politique - Article paru le 4 février 2009 dans l'Humanité


Face à la crise

Les syndicats exigent un changement de cap !



Forts du succès du 29 janvier, les syndicats maintiennent leur unité pour obtenir du président des mesures immédiates pour le pouvoir d’achat, l’emploi et les services publics.


« La balle est maintenant dans le camp du gouvernement et du président de la République, du patronat et des employeurs. » Maryse Dumas pour la CGT a donné le ton du message envoyé par l’intersyndicale qui s’est réunie lundi soir au siège de l’UNSA. Une réunion intersyndicale particulièrement attendue après les grèves et manifestations du jeudi précédent. Pour les huit organisations (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA), c’est le succès de la mobilisation du 29 janvier, sa « puissance », qui a « conduit le président de la République à s’exprimer jeudi ». Elles ont donc décidé de se réunir à nouveau le 9 février « pour apprécier la portée (de ses propos) et en tirer les conséquences ».

C’est en effet avec un bel ensemble que les syndicats analysent « le succès incontestable dans toute la France » de la mobilisation du 29 janvier. « Une très forte mobilisation des salariés du public comme du privé », remarque Marcel Grignard de la CFDT. « La réussite de la mobilisation du 29 crée une situation nouvelle. Un rapport de forces nouveau dans le pays. Il faut que, du côté du gouvernement et du patronat, on l’entende et on le comprenne », prévient Gérard Aschieri de la FSU. Qu’attendent donc les organisations syndicales du gouvernement et du patronat ? Pour Michèle Biaggi de FO, ils « ont la responsabilité de répondre aux attentes qui sont essentiellement centrées sur le pouvoir d’achat, les services publics et l’emploi. On ne peut pas laisser se creuser les inégalités ». Pour Christian Mailleux de l’union syndicale Solidaires, « il faut des mesures d’urgence sur le pouvoir d, l’emploi et les services publics. Il faut prendre des mesures qui renversent la logique d’injustice sociale qui prévaut dans le pays ». « Il s’agit de donner un contenu social immédiat à la relance dans notre pays », affirme quant à lui Marcel Grignard. Gabrielle Simon de la CFTC résume l’affaire en avançant : « Nous sommes tous d’accord pour parvenir à la concrétisation des propositions de la plate-forme. »

« La communication a beaucoup de vertu et le président de la République sait en user, ironise Gérard Labrune de la CFE-CGC. Mais ce qu’il faut aujourd’hui, c’est renouer avec le dialogue social. » « Nous ne voulons pas de manoeuvres dilatoires. Qu’on ne nous balade pas ! » renchérit Gérard Ashieri, qui précise que « la plate-forme syndicale contient un ensemble de revendications, dont certaines peuvent être très vite satisfaites par des mesures gouvernementales, d’autres nécessitent des négociations ». Maryse Dumas prévient : « Il faut que le président de la République réponde vraiment aux revendications qui se sont exprimées le 29 janvier. Faute de quoi, le communiqué que nous avons adopté le dit, les organisations syndicales qui ont prévu de se rencontrer le 9 février décideront de nouvelles initiatives. »

Ce n’est donc pas un répit que Nicolas Sarkozy a obtenu de la part des syndicats. S’appuyant sur le rapport des forces créé le 29 janvier, les syndicats exigent des réponses immédiates et des engagements précis. Et surtout ils maintiennent leur dispositif de mobilisation en décidant d’agir dans la durée et de continuer leurs rencontres. Leur communiqué appelle « les salariés et leurs organisations à rester mobilisés et à s’appuyer sur la force de la journée du 29 janvier pour obtenir partout des négociations ». « Si le président de la République ne bouge pas, s’il n’y a pas de changement de cap (rien sur l’emploi, rien sur la consommation, rien sur les services publics), nous remobiliserons », a commenté Jean-Claude Mailly le secrétaire général de FO. Rejoint en cela par François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, qui annonce que « si le président de la République répond de la même façon (que François Fillon), inévitablement il y aura un conflit qui va s’amplifier et on ne trouvera pas de solution ». « Ce message de l’intersyndicale doit être compris surtout par les salariés, les demandeurs d’emploi et les retraités comme un appel à maintenir les mobilisations, à élargir le rapport de forces pour obtenir gain de cause sur les revendications », affirme Maryse Dumas. Nicolas Sarkozy sait, avant l’émission de demain, qu’il doit compter avec un front uni des syndicats.

Olivier Mayer

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Tag(s) : #Politique
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