Le nombre de chômeurs a augmenté de 198.838 personnes en janvier par rapport à décembre 2008, soit une hausse de 6,35%, selon un communiqué du ministère. Fin janvier, l'Espagne comptait précisément 3.327.801 personnes au chômage, soit un plus haut depuis au moins 1996, date du début du calcul du nombre de demandeurs d'emplois selon cette méthodologie. Le nombre des chômeurs a augmenté de 1,065 million soit une hausse de 47,12% en l'espace de 12 mois, entre janvier 2008 et janvier 2009, précise le ministère.

Face à ces chiffres "très mauvais et très douloureux", le ministre de l'Industrie Miguel Sebastian a demandé aux banques prêter plus facilement de l'argent aux entreprises et aux particuliers afin de relancer l'activité économique, accusant au passage les établissements financiers d'être "les principaux coupables de cette crise".

Le ministère ne calcule pas le taux de chômage national. En revanche, l'Institut de la statistique (Ine) diffuse une fois par trimestre son calcul du taux de chômage. Selon la dernière annonce de l'Ine, datant de fin janvier, le taux de chômage espagnol s'est s'établi à 13,91% de la population active au quatrième trimestre, soit le niveau le plus élevé de l'Union européenne.

Après plus de 10 ans de forte croissance économique, alimentée notamment par une activité frénétique dans le secteur immobilier, l'Espagne a brutalement plongé dans la crise économique en 2008. Les entreprises du bâtiment ainsi que les constructeurs automobiles implantés en Espagne multiplient les mesures de chômage technique ou de réductions d'effectifs. La situation devrait continuer d'empirer cette année. En janvier, le gouvernement a fortement revu à la baisse ses prévisions économiques pour cette année. Il prévoit un taux de chômage de 15,9% à la fin de l'année, soit exactement le double de celui de l'été 2007 (7,95%) quand il avait touché un niveau plancher.