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Tribune libre - Article paru le 12 janvier 2009 dans l'Humanité

 

Gaza : La solution existe si le droit et la justice deviennent la priorité !

Par Arielle Denis et Pierre Villard, coprésidents du Mouvement de la paix.


Après des mois de blocus, une intervention militaire aérienne et des bombardements depuis le 27 décembre, la bande de Gaza est maintenant de nouveau victime d’une invasion terrestre de l’armée israélienne.

Cet acharnement de la 5e puissance militaire du monde sur 1,5 million de Palestiniens vivant sur une petite bande de terre n’est ni admissible ni justifiable.

Dévoyant l’aspiration légitime des Israéliens à vivre en sécurité, l’armée de l’État d’Israël prétend procéder à des « bombardements ciblés pour traquer les terroristes palestiniens ». Ces arguments fallacieux ne tiennent pas.

Les bombardements ciblés, cela n’existe pas ! Pas plus que la guerre propre. Avec des centaines de victimes civiles palestiniennes et une situation humanitaire très grave, c’est une nouvelle étape qui est franchie dans la destruction de la bande de Gaza. Le choix du tout-militaire, privilégié une fois encore par l’État d’Israël, ne peut être une solution pour assurer la sécurité des Israéliens.

C’est une impasse criminelle qui ne peut pas répondre à l’inquiétude des habitants des villes proches de la bande de Gaza, cibles des tirs de roquettes du Hamas, qui sont tout aussi condamnables.

Le gouvernement israélien prend la responsabilité d’un recul des perspectives d’un règlement négocié du conflit.

La civilisation humaine doit se débarrasser du terrorisme. Mais à qui fera-t-on croire qu’il peut être combattu par une intervention militaire ? À qui fera-t-on croire que la centaine d’enfants décédés sous les bombes ces derniers jours sont des terroristes ?

En refusant de dialoguer avec le Hamas, en maintenant un blocus criminel, en permettant à Israël de bafouer toutes les règles internationales, en tolérant la colonisation, les gouvernements des grandes puissances ont créé les conditions d’une confrontation entretenue par les extrémistes de tous bords.

Oui, la situation restera compliquée et sans solution tant que la force, le militarisme et la violence resteront la priorité des protagonistes, et non la volonté d’appliquer le droit et la justice.

Il n’y a pas de solution militaire, ni au Proche-Orient ni ailleurs ; pas plus aujourd’hui qu’hier. Pour construire la paix, la population de Gaza doit avoir un autre avenir que les ruines, l’absence de nourriture, d’électricité, de médicaments…

et des conditions de vie inhumaines. Pour assurer la sécurité et une vie digne à tous les habitants de la région, les seules solutions sont l’arrêt immédiat de la guerre, la levée du blocus, la reprise du dialogue et des négociations pour un règlement du conflit sur la base des résolutions de l’ONU.

Les Palestiniens doivent voir l’espoir de la création de leur État - prévu depuis 1948 - se concrétiser. La possession par Israël de l’arme atomique renforce la dangerosité de la région. Plus que jamais, la dénucléarisation du Proche et Moyen-Orient, prévue depuis la révision de 1995 du traité de non-prolifération nucléaire, est d’actualité.

Depuis soixante ans qu’existe l’État d’Israël, il n’y a toujours pas d’État de Palestine.

Si pendant longtemps des divergences profondes ont existé entre responsables palestiniens et israéliens, il existe aujourd’hui des interlocuteurs reconnus.

Ils se prononcent pour une solution de deux États vivant côte à côte sur les frontières de 1967, avec Jérusalem comme double capitale, attestée par des résolutions de l’ONU. Ce conflit est une affaire de justice et de droit international ; il n’est en France ni une affaire de communautarisme ni de religion. Tout ce qui ferait glisser l’action vers autre chose qu’une solution politique jouerait contre la paix.

L’ampleur des manifestations dans le monde et en France, à l’initiative de nombreuses organisations dont le Mouvement de la paix, montre l’inquiétude et l’indignation des populations. Par leur action, les citoyens français ont amené le président de la République à se déplacer au Proche-Orient et à proposer des initiatives. Si la trêve quotidienne de 3 heures est un acquis important, ce n’est pas la fin de la guerre. La résolution du Conseil de sécurité du 8 janvier, demandant un cessez-le-feu, malgré l’abstention des États-Unis, doit être appliquée immédiatement.

Le droit des journalistes à circuler librement dans la bande de Gaza pour informer de la réalité du conflit doit être respecté. La France, l’Union européenne et l’ONU doivent prendre des initiatives pour obtenir l’arrêt immédiat des opérations militaires, la levée du blocus, la protection des populations civiles et l’organisation d’opérations humanitaires d’urgence. L’impunité du gouvernement israélien qui, selon un rapport de la commission des Droits de l’homme de l’ONU, commet des manquements graves à ces droits n’est plus acceptable. L’Union européenne doit dénoncer les accords de coopération avec Israël dont l’application est soumise aux respects de ces droits bafoués.

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Tag(s) : #Monde
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