Gaza : Israël poursuit son offensive malgré l'appel de l'ONU !
Israël reste sourd aux appels internationaux et a décidé vendredi de poursuivre son
offensive contre le Hamas, ignorant un appel du Conseil sécurité de l’ONU à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza où au moins 785 Palestiniens ont péri en deux
semaines.
Les bombardements de l’artillerie et de l’aviation israéliennes ont continué contre le territoire faisant au moins 16 morts Palestiniens ces
dernières heures, alors que les activistes palestiniens ont encore tiré une quinzaine de roquettes sur le sud d’Israël.
"Israël n’a jamais accepté qu’une influence extérieure décide de son droit à défendre ses citoyens. L’armée continuera d’opérer pour défendre les citoyens d’Israël", a affirmé le Premier ministre Ehud Olmert dans un communiqué, en réaction à la résolution 1860 de l’ONU votée jeudi soir. Pas la première résolution violée par Tel Aviv.
"Les tirs de roquettes de ce matin contre les citoyens dans le sud (d’Israël) prouvent que la résolution de l’ONU n’est pas applicable et ne sera pas respectée par les organisations terroristes palestiniennes", a-t-il ajouté.
Le Hamas, qui dirige la bande de Gaza, a "rejeté" la résolution, affirmant qu’elle ne tenait "pas compte des aspirations et des principaux objectifs
du peuple palestinien" et n’était "pas contraignante pour le Hamas", selon un responsable du mouvement islamiste au Liban Raafat Morra.
A l’appel des islamistes du Hamas à une "journée de colère" contre l’offensive à Gaza, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Amman, Koweït, Bagdad, en Egypte et en Cisjordanie occupée ainsi qu’à Jérusalem-est, où des heurts ont opposé lanceurs de pierres et policiers.
Avant l’aube, Israël a lancé selon l’armée des raids aériens contre plus de 50 cibles la bande de Gaza visée également par des tirs d’artillerie. Au
moins 16 Palestiniens ont été tués, dont deux femmes et une fillette ainsi que six membres d’une même famille, selon des sources médicales palestiniennes.
Des navires de guerre israéliens ont aussi bombardé des cibles en bordure de mer à Gaza, selon des témoins.
Et malgré une pause de trois heures des opérations israéliennes "pour des raisons humanitaires", devenue quotidienne depuis trois jours entre 11H00 et 14H00 GMT, les raids aériens israéliens ont continué, selon les témoins.
L’armée israélienne a fait état dans le même temps du tir d’une quinzaine de roquettes sur le sud d’Israël depuis Gaza, faisant un blessé léger. Des roquettes de type Grad se sont abattues à Beersheba, à quelque 40 km du territoire palestinien, ainsi que dans la région d’Ashdod.
L’offensive israélienne destinée à contraindre le Hamas à cesser ses tirs de roquettes, a coûté la vie à au moins 785 Palestiniens et fait plus de 3.300 blessés depuis son lancement le 27 décembre, selon un dernier bilan de sources médicales à Gaza.
Trois civils et 10 soldats israéliens ont été tués et 154 blessés dont 123 légèrement pendant cette période, selon l’armée.
Dans ce qu’elle a qualifié "de l’un des plus graves incidents" depuis le début de l’offensive, l’Office de l’ONU pour la coordination humanitaire, citant des témoins, a indiqué que l’armée avait tué 30 civils membres d’un groupe de 110 Palestiniens que celle-ci avait rassemblés dans une maison.
"Le 4 janvier, des soldats ont évacué environ 110 Palestiniens dans une seule maison à Zeitoun (dont la moitié était des enfants) en leur ordonnant de rester à l’intérieur. 24 heures plus tard, les forces israéliennes ont bombardé à plusieurs reprises cette maison, tuant environ 30 personnes. L’armée israélienne a dit "enquêter sur cet incident". Alors que l’on devrait plutôt parler de crime de guerre…
Adoptée par 14 des 15 membres du Conseil de sécurité -les Etats-Unis s’abstenant-, la résolution 1860 "appelle à un cessez-le-feu immédiat, durable
et pleinement respecté, menant au retrait complet des forces israéliennes de Gaza".
Elle "condamne toute violence et hostilité dirigées contre des civils et tout acte de terrorisme", sans désigner explicitement les tirs de roquettes du Hamas, et appelle "à la fourniture sans obstructions (…) de l’aide humanitaire".
Le texte appelle aussi les Etats à favoriser la mise en place à Gaza de dispositifs garantissant que le cessez-le-feu sera durable, notamment en "empêchant la contrebande" d’armes et en "assurant la réouverture des points de passage".
L’agence de l’ONU d’aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa), déplorant une situation humanitaire "critique", continuait de suspendre pour le 2e jour
consécutif ses opérations à Gaza après qu’un de ses convois eut été touché par des obus israéliens et un chauffeur palestinien tué.
"Nous maintiendrons cette suspension tant que les autorités israéliennes ne garantiront pas la sécurité de nos équipes", a dit la veille le porte-parole de l’agence Chris Gunness. Le Hamas a critiqué cette suspension.
Selon lui, la situation dans ce territoire surpeuplé et pauvre empire "d’heure en heure". Un million de personnes (sur 1,5 millions d’habitants) vivent sans électricité, 750.000 sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours qui risquent de s’arrêter en cas de manque d’essence, a-t-il dit.
Le Comité international de la Croix-Rouge a à son tour annoncé avoir temporairement réduit ses activités à
Gaza-ville après qu’un de ses véhicules eut essuyé des tirs.
http://www.humanite.fr/Gaza-enfin-une-resolution-de-l-ONU
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