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Numérique. Qui nous aurait dit qu’une suite de 0 et de 1 allait nous permettre de voir nos
photos, d’écouter de la musique et d’échanger avec le monde entier ? Et pourtant c’est comme ça.
On ne peut pas trouver plus simple, plus justement « binaire » : la base numérique à deux chiffres,
le 0 et le 1 s’est imposée pour au moins deux bonnes raisons : la première parce qu’elle permet de penser la physique : négatif, positif. La seconde parce qu’elle allie les
nombres et la logique : ouvert/fermé ; blanc/noir ; oui/non. En logique le gris et le « peut-être » n’existent pas. Et c’est l’alliance de la physique et de la logique qui aura
donné l’informatique. Puis le reste. Tout ce que nous connaissons aujourd’hui et dont nous nous servons : du téléphone portable à la cage d’ascenseur, de la recherche sur
Internet au curriculum vitae frappé sur un traitement de texte en passant par nos photos de famille ou nos vidéo de vacances. Ce que l’on appelle « multimédia » n’est en fait
que du binaire qui fonctionne en gros, comme une moulinette à viande hachée à rebours : on met la viande hachée dans l’appareil (les 0 et les 1) on mouline et on récupère un
steak entier (la photo, la musique, le CV).
Evidement, pour que ça marche, il faut que tout le monde ait la même moulinette ou une moulinette très performante qui sache combiner les 0 et les 1 dans le
bon ordre. La technologie s’en est occupée. Les industriels aussi qui auront mis au point des circuits imprimés sur lesquels, depuis un demi-siècle le transistor règne et
se multiplie. Il y a une quarantaine d’année une dizaine de transistors équipaient les circuits imprimés des « gros calculateur. En 2008 il n’est pas rare d’en trouver un
milliard sur un seul chip d’un PC familial.
Et c’est là que l’avenir du numérique se joue. Pas sur l’exponentiel ajout des composants ou de la mémoire mais sur le devenir des supports « physiques
». Déjà les disques durs tendent à disparaître. Une firme (Samsung) en fait même son cheval de bataille au profit de la mémoire « flash » qui se passe de toute mécanique.
Mais la mémoire flash pourrait être rapidement détrônée au profit de la MRAM la « mémoire magnétique à transfert de spin » permanente et infinie. Les transistors ? L’optique ou
la mémoire moléculaire vont en sonner le glas. Dans le même temps, de nouveaux protocoles se mettent en place. Votre iphone est appelé à devenir une antiquité dans les semaines
qui viennent avec l’arrivée du RCS (Rich Communication Suite) sur lequel plus de quarante compagnies mondiales planchent aujourd’hui au nom de l’interopérabilité. Car
aujourd’hui, aucune firme ne peut se permettre de la jouer solo, avec ses propres protocoles, ses propres moulinettes. Le futur du numérique sera universel ou ne sera pas. Et ça
aussi, c’est du binaire.
C.M.
Surveillance. Quelques exemples de l’intrusion, des NTIC dans nos vies…
Des nouvelles de Big
Brother
Même si les espions de tout poil n’ont pas attendu les nouvelles technologies pour fouiller dans la vie des autres, ces dernières leur facilitent grandement le travail.
Prenez le téléphone portable par exemple. Saviez-vous que, même éteint, il pouvait être utilisé comme micro par un tiers mal intentionné ? C’est ce qu’affirme sur son blog
Henry-Paul Soulodre, ingénieur formé à l’Ecole Centrale Marseille spécialiste en intelligence économique. Dans un post publié en 2006, il raconte comment, certaines
sociétés spécialisées dans l’espionnage économique, ont pu « utiliser le banal téléphone portable du Président pour en faire un "espion portatif" ». Il leur suffirait ainsi de
connaître le modèle du téléphone pour l’activer par voie hertzienne, même éteint, sans que son utilisateur s’en aperçoive. « On imagine facilement ce qui se passe lorsque le
micro s’ouvre à distance et qu’une oreille attentive mais pas nécessairement bien intentionnée va pouvoir entendre non seulement ce qu’il dit mais également, s’il reste muet, ce
qui se dit autour de lui, dans une négociation commerciale par exemple ! » conclut l’ingénieur.
Failles et clickjacking
Ca, c’était il y a deux ans. Désormais, ces mêmes sociétés peuvent non seulement entendre mais aussi voir ce qu’il se passe dans la pièce. La faute à la nouvelle génération
d’ordinateurs portables avec webcams intégrées et à une faille de sécurité dans Flash Player 9. Ca s’appelle du clickjacking et pour un hacker (*), c’est paraît-il un jeu
d’enfant. Depuis peu, Adobe, qui développe le plugin Flash Player, a résolu le problème par des mises à jour mais l’histoire montre à quel point les nouvelles technologies
peuvent rendre leurs utilisateurs vulnérables. Quand aux mises à jour, elles n’intéressent finalement que ceux qui les font régulièrement…
Google et les données perso
Ce qui intéresse tout le monde en revanche , c’est ce que les moteurs de recherche, et Google en particulier, savent de nous. Il y a deux ans, le portail AOL a
malencontreusement livré quelques secrets bien gardés de la marque aux deux « o ». Un fichier contenant l’historique des recherches effectuées depuis le portail AOL par plus de
658 000 utilisateurs a été rendu public. Certes, ce fichier identifiait les utilisateurs par des chiffres, mais en recoupant leurs recherches effectuées entre mai et juin 2006,
certains blogueurs ont pu trouver l’identité des internautes. Ainsi, le NY Times expliquait dans son édition du 9 août 2006 comment deux de ses journalistes avaient réussi à
identifier le numéro 4417749, une veuve de 62 ans habitant à Lilburn. Et ont eu accès à toutes ses requêtes et donc tous ses hobbies et toutes ses petites manies. De ce fichier
sont nés différents moteurs de recherche, dont un nommé AOLpsycho qui recense les « cas psychologiques les plus intéressants » de l’affaire AOL.
Alors forcément, à la sempiternelle question "Is Big Brother watching us?", on répond « Yes, he is ! ».
PAUL GOIFFON
(*) Pirate informatique
http://journal-lamarseillaise.com/d-cryptages/la-r-volution-est-toujours-pour-demain.html
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