Face à la crise
Les banques françaises touchées par l’affaire Madoff !
Après la révélation du scandale Madoff, les établissements font leurs comptes.
Après l’affaire Kerviel, qui a fait perdre à la Société -générale 4,9 milliards d’euros dans des placements à
risques, et la faillite de la banque d’investissements américaine Lehman Brother, la planète financière vit un nouveau choc depuis vendredi. Une fraude gigantesque d’un montant de 50 milliards
de dollars organisé par l’un des plus influents acteurs de la Bourse new-yorkaise, Bernard Madoff, ancien patron du NASDAQ. Hier, les banques françaises comptabilisaient le montant investi dans
le fonds d’investissement géré par ce pilier de Wall Street. Au premier rang des victimes figure Natixis, filiale de la Caisse d’épargne et de Banque - populaire. La banque d’investissement
extrêmement fragilisée par son activité à risque pourrait perdre jusqu’à 450 millions d’euros. La BNP Paribas évalue les dégâts à 350 millions d’euros. De son côté, la Société générale, tout
juste sortie de son « scandale Kerviel », annonce une implication « négligeable » évaluée « à moins de 10 millions d’euros », à l’instar du Crédit agricole. Le
secteur de l’assurance n’est pas épargné : Axa a annoncé une exposition « bien inférieure » à 100 millions d’euros. D’après les experts, cette fraude, très dommageable aussi pour
l’image des banques et du monde financier, devrait toutefois être sans conséquences pour les particuliers. En France, contrairement aux États-Unis, les investissements dans les fonds
spéculatifs tels ceux gérés par Bernard Madoff sont réservés aux « investisseurs qualifiés » : les établissements de crédit, les entreprises d’une certaine taille et les
particuliers fortunés ayant un million d’euros investis en Bourse et deux années d’expérience sur les marchés, explique Dov Ogien, professeur de finances à l’École supérieure de
gestion.
De 1960 à 2008, Bernard Madoff a mis en place et géré une fraude pyramidale (ou « pyramide de Ponzy », du nom de l’escroc qui a créé ce principe de fraude). Le système est
simple : il s’agit de rémunérer les investisseurs avec l’argent versé par les clients dernièrement arrivés. Bernard Madoff, légende de la réussite à l’américaine, celle d’un maître nageur
des plages de Long Island qui s’est hissé à la tête du marché boursier NASDAQ, est un homme influent et reconnu. Le gérant de fonds promettait à ses clients d’étonnants et consistants retours
sur investissement, de l’ordre de 1 % par mois. Ses clients ne réalisaient
pas que leurs dividendes n’étaient que la cannibalisation de l’investissement placé par un autre client. Le secret
est demeuré tant que personne ne réclamait sa mise initiale, et pendant des dizaines d’années Madoff est parvenu à duper son monde, des clients individuels aux États-Unis, venant pour beaucoup
de la communauté juive des faubourgs de Long Island et de Floride, jusqu’aux grandes banques internationales. Avec la crise des subprimes et le besoin de liquidités des investisseurs, les
clients ont réclamé leur dû et la pyramide s’est effondrée.
Clotilde Mathieu
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