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Politique - Article paru le 16 décembre 2008 dans l'Humanité


Face à la crise

Les banques françaises touchées par l’affaire Madoff !


Après la révélation du scandale Madoff, les établissements font leurs comptes.


Après l’affaire Kerviel, qui a fait perdre à la Société -générale 4,9 milliards d’euros dans des placements à risques, et la faillite de la banque d’investissements américaine Lehman Brother, la planète financière vit un nouveau choc depuis vendredi. Une fraude gigantesque d’un montant de 50 milliards de dollars organisé par l’un des plus influents acteurs de la Bourse new-yorkaise, Bernard Madoff, ancien patron du NASDAQ. Hier, les banques françaises comptabilisaient le montant investi dans le fonds d’investissement géré par ce pilier de Wall Street. Au premier rang des victimes figure Natixis, filiale de la Caisse d’épargne et de Banque - populaire. La banque d’investissement extrêmement fragilisée par son activité à risque pourrait perdre jusqu’à 450 millions d’euros. La BNP Paribas évalue les dégâts à 350 millions d’euros. De son côté, la Société générale, tout juste sortie de son « scandale Kerviel », annonce une implication « négligeable » évaluée « à moins de 10 millions d’euros », à l’instar du Crédit agricole. Le secteur de l’assurance n’est pas épargné : Axa a annoncé une exposition « bien inférieure » à 100 millions d’euros. D’après les experts, cette fraude, très dommageable aussi pour l’image des banques et du monde financier, devrait toutefois être sans conséquences pour les particuliers. En France, contrairement aux États-Unis, les investissements dans les fonds spéculatifs tels ceux gérés par Bernard Madoff sont réservés aux « investisseurs qualifiés » : les établissements de crédit, les entreprises d’une certaine taille et les particuliers fortunés ayant un million d’euros investis en Bourse et deux années d’expérience sur les marchés, explique Dov Ogien, professeur de finances à l’École supérieure de gestion.


De 1960 à 2008, Bernard Madoff a mis en place et géré une fraude pyramidale (ou « pyramide de Ponzy », du nom de l’escroc qui a créé ce principe de fraude). Le système est simple : il s’agit de rémunérer les investisseurs avec l’argent versé par les clients dernièrement arrivés. Bernard Madoff, légende de la réussite à l’américaine, celle d’un maître nageur des plages de Long Island qui s’est hissé à la tête du marché boursier NASDAQ, est un homme influent et reconnu. Le gérant de fonds promettait à ses clients d’étonnants et consistants retours sur investissement, de l’ordre de 1 % par mois. Ses clients ne réalisaient

pas que leurs dividendes n’étaient que la cannibalisation de l’investissement placé par un autre client. Le secret est demeuré tant que personne ne réclamait sa mise initiale, et pendant des dizaines d’années Madoff est parvenu à duper son monde, des clients individuels aux États-Unis, venant pour beaucoup de la communauté juive des faubourgs de Long Island et de Floride, jusqu’aux grandes banques internationales. Avec la crise des subprimes et le besoin de liquidités des investisseurs, les clients ont réclamé leur dû et la pyramide s’est effondrée.


Clotilde Mathieu

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Tag(s) : #Economie
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