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Actus humanite.fr 12-12-2008

Les Vingt-Sept s'entendent sur une réponse financière à la crise !



La proposition de la Commission européenne de consacrer 1,5% du PIB européen aux plans de relance sur le Vieux-Continent fait l’objet d’un accord de principe parmi les Vingt-sept, qui l’endosseront formellement ce vendredi.

Plusieurs leaders européens ont indiqué à l’issue de la première journée du Conseil européen, qui se tient jusqu’à vendredi à Bruxelles, qu’il ne restait plus que quelques détails techniques à régler.

"Il y a un soutien pour une réponse coordonnée, mais quelques pays ont de gros problèmes budgétaires (…) Pour ceux qui ont la capacité, nous parlons d’une relance autour de 1,2% pour les Etats membres et d’une réponse additionnelle de 0,3% pour la Commission. Il n’y a pas eu de contestation là-dessus", a déclaré le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt. "Nous pensons qu’il y a un bon équilibre dans ce qu’a fait la Commission et aussi dans ce qu’a présenté la présidence française. Pour un certain nombre de pays, il est donc important de ne pas trop remettre en cause cet équilibre", a-t-il ajouté.

Les Premiers ministres belge et luxembourgeois, Yves Leterme et Jean-Claude Juncker, ont confirmé cet accord, indiquant que l’ensemble des Etats membres de l’UE devraient accepter dans ses grandes lignes le plan de 200 milliards d’euros proposé par la Commission européenne.

Berlin, qui se faisait prier pour soutenir de manière plus enthousiaste ce plan présenté le 26 novembre par l’exécutif européen, a également dit son intention d’appuyer la mesure.

"Nous soutenons la proposition de la Commission (européenne) de consacrer 1,5% du PIB aux plans de relance économique", a déclaré la chancelière Angela Merkel à son arrivée à Bruxelles.

Préparée depuis plusieurs mois, la réponse coordonnée de l’UE à la crise financière et économique a fait l’objet d’une intense négociation entre tenants d’une relance par la consommation et partisans d’un soutien via l’investissement.

Une course aux milliards "stupéfiante et déprimante"

Mercredi, le ministre allemand des finances avait ainsi une nouvelle fois dénoncé une course aux milliards "stupéfiante et déprimante", en ciblant notamment la Grande-Bretagne.

Le gouvernement britannique a annoncé le 24 novembre un plan de soutien à son économie d’un montant global de 20 milliards de livres sterling (23,5 milliards d’euros) sur trois ans, incluant une réduction de la TVA de 2,5 points à 15%.

A l’instar de Nicolas Sarkozy ou de Gordon Brown, la plupart des dirigeants européens considéraient à l’inverse que Berlin a une approche trop frileuse face à la crise en refusant d’étendre son plan de relance initial d’un montant pouvant pourtant aller jusqu’à 50 milliards d’euros en investissements et contrats.

Selon un projet de conclusions du Conseil obtenu jeudi par Reuters, le plan endossé par les Vingt-Sept devrait rappeler la nécessité pour l’Europe d’"agir de manière unie, forte, rapide et décisive pour éviter une spirale récessive et soutenir l’activité économique et l’emploi".

Il devrait en outre redire le soutien de l’UE au relèvement du volume des interventions à hauteur de 30 milliards d’euros de la Banque européenne d’investissement, la mobilisation accélérée d’un certain nombre de fonds européens pour venir en aide aux secteurs et aux populations les plus touchés et le relèvement du seuil "de minimis" des aides d’Etat, au-dessous duquel une autorisation de la Commission européenne n’est pas nécessaire.

Comme leurs ministres des Finances début décembre, les chefs d’Etat et de gouvernement insisteront sur le caractère ciblé, temporaire et à effet immédiat des mesures qui doivent être prises.

Par ailleurs, il sera réaffirmé que le Pacte européen de stabilité et de croissance révisé "demeure la pierre angulaire du cadre budgétaire de l’UE".

Enfin, la France n’a pas renoncé à une TVA réduite dans les secteurs dits "à forte intensité de main d’oeuvre", notamment la restauration, même s’il est peu probable que l’Allemagne, qui s’y refuse de longue date, donne cette fois son feu vert.


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Tag(s) : #Economie
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