Actus humanite.fr 01-12-2008
Tollé après l'arrestation d'un journaliste de Libération !
" Dans un pays d’extrême droi-te, on se torche avec les doigts, y a plus de journaux pour ça », chantaient les Frères Misère. Comme on n’en est pas là, les articliers doivent comprendre ce qu’il en coûte de s’attaquer aux puissants. En droit, le responsable, c’est le directeur de publication. C’est la panoplie qu’endossa le journaliste Vittorio de Fillipis, alors président de la société civile des personnels de Libération, pour assurer l’intérim entre July et Joffrin. Vendredi, il s’est fait embarquer manu militari et a subi deux fouilles au corps avant d’être mis en examen par la juge Muriel Josié. Son crime ? « Diffamation publique ». Une fois de plus, le fondateur de Free, Xavier Niel, attaquait le titre pour avoir relaté ses démêlées judiciaires. « Faire subir un tel traitement à un journaliste, c’est du jamais vu », nous dira un collègue de Vittorio. Alors que la Place Beauvau s’en lave les mains et que l’indignation est unanime, une AG est prévue aujourd’hui à Libé. Et l’UMP, jugeant « le traitement subi surréaliste », de demander une « enquête ». En oubliant que la loi sur la protection des sources qu’elle a rédigée ne protégera pas les journalistes de tels agissements.
Sébastien Homer Article paru dans l’Humanité du 1er décembre 2008.
La réaction du SNJ-CGT, syndicat de journalistes :
Où vont-ils s’arrêter ?
Vittorio de Filippis, journaliste à Libération, ex directeur de la publication a été interpellé et menotté lors d’une descente de police au petit matin à son domicile dans le cadre d’une banale affaire de diffamation.
Cette sinistre affaire est symptomatique des attaques du pouvoir sarkozyen contre les journalistes qui n’obtempèrent pas.
Elle survient au moment où l’Elysée tente par tous les moyens de briser le service public de France Télévision et Radio France, au >> moment où l’omniprésident se charge par hommes liges interposés d’attaquer l’AFP en voulant la privatiser et enfin au moment où l’on s’en prend dans le cadre des Etats Généraux de la Presse aux journalistes en vidant leur statut des "verrous" qui gênent patrons et Etat UMP : comme le droit d’auteur, le secret des sources, la clause de conscience etc. qui sont pourtant autant de garanties de qualité et d’indépendance.
La boucle est bouclée comme les menottes de de Filippis, pensent-ils.
Mais il n’est pas question de laisser faire. Le SNJ-CGT appelle la profession à se réunir lundi 1er décembre à partir de 12H à la Maison de la Radio pour dénoncer le simulacre des débats aux Etats Généraux, pour faire cesser les atteintes aux libertés de l’information.
Montreuil le 29/11/08
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