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Société - Article paru le 27 novembre 2008 dans l'Humanité

Hébergement de force ou réquisitions ?

Alors que Christine Boutin suggère de contraindre les sans-abri à accepter l’accueil d’urgence, les associations réclament des mesures plus pérennes.

Des hommes continuent de mourir dans la rue, mais c’est pourtant la même rengaine du côté des pouvoirs publics. Si les plans d’urgence successifs déployés par l’État ou les villes, à l’instar de Paris, permettent, sans aucun doute, d’éviter à quelques-uns le sort des quatre sans-domicile décédés en un mois en région parisienne, ces mesures ponctuelles rééditées chaque hiver n’ont jamais réglé la question des dizaines de milliers de personnes vivant dans la rue. Qu’elles soient victimes du froid ou de l’insécurité de leurs conditions de vie, c’est toujours l’exclusion qui est la cause des décès. Rappelée à l’ordre par Nicolas Sarkozy qui a mentionné « le devoir et la responsabilité » du gouvernement de « ne pas laisser mourir » les personnes sans domicile, Christine Boutin n’a pas trouvé mieux que de relancer un débat des plus stériles : « La grande question est de savoir s’il faut laisser la liberté du choix pour la personne ou au contraire prendre la décision de lui imposer d’aller s’héberger quand il fait très froid », a-t-elle déclaré, hier, à la sortie du Conseil des ministres. Et les associations, à juste titre, de s’insurger contre cette idée. Réclamant plutôt, comme Emmaüs, des « solutions pérennes » et « la réquisition des logements vides ».

La ministre fait mine de s’étonner que les centres d’hébergement d’urgence n’affichent pourtant pas complets. C’est méconnaître les conditions d’accueil de ces lieux trop souvent dépourvus d’humanité. Alors que la seule brigade d’assistance aux personnes sans-abri (BAPSA) de la préfecture de police de Paris a effectué, pour les dix premiers mois de l’année, 34 197 conduites vers des centres d’hébergement, 265 sans-abri sont tout de même morts dans la rue cette année, comme l’a rappelé Didier Cusserne, délégué général de l’association Emmaüs.

L.T.

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Tag(s) : #Politique
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