Les régions au premier rang contre le réchauffement climatique
Environnement . À Saint-Malo, 98 régions s’engagent en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de l’atténuation des effets du changement climatique.
Saint-Malo,
envoyé spécial.
Ironie du sort. « Ce sont les régions du monde qui ont le moins contribué au réchauffement climatique qui sont aujourd’hui les plus vulnérables », souligne Ousmane Souleymane Diallo, coordinateur du programme eau de l’Observatoire du Sahara et du Sahel. Le citoyen malien explique que la plupart des États concernés sont souvent trop démunis pour définir et mettre en oeuvre des programmes d’adaptation capables d’atténuer les effets du réchauffement climatique. Cette question, les 600 personnes qui ont participé au 1er sommet mondial des régions pour le développement durable, les 29 et 30 octobre dernier à Saint-Malo, se sont attachées à y répondre. Au terme de leurs travaux, ces représentants de 98 régions et de 59 pays de tous les continents se sont engagés à mettre en place « des partenariats Nord-Sud et Sud-Sud » afin de permettre aux régions les plus défavorisées d’élaborer et de mettre en oeuvre des plans climat.
Cette décision phare des organisateurs du sommet, le réseau des gouvernements régionaux pour le développement durable (Network of Regional Governements for Sustainable Developpement - NRG4SD) et la conférence des régions périphériques maritimes, témoigne de la volonté des régions de s’impliquer dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pour Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne, « il ne s’agit pas de se substituer aux États dont l’engagement reste déterminant mais de faire valoir la spécificité de l’apport des collectivités locales ». « De par sa proximité avec la population, l’échelon régional est l’un des mieux placés pour aider à la prise de conscience par chacun des enjeux du réchauffement climatique. Ses compétences en matière d’aménagement du territoire et sa capacité à agir sur le développement économique lui confèrent également une responsabilité particulière car il peut agir concrètement pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et favoriser le développement de nouvelles technologies plus compatibles avec la protection de l’environnement », résume l’élu.
Le réseau des gouvernements régionaux pour le développement durable que copréside la Bretagne et l’État brésilien de Sao Paulo entendent obtenir la reconnaissance de l’apport des régions à la lutte contre le réchauffement à l’occasion de la prochaine conférence intergouvernementale sur le climat qui se déroulera à Copenhague en 2009. Cette démarche bénéficie du soutien de l’ONU. La directrice pour l’Europe du PNUD, Cécile Molinier, explique ainsi : « Nous travaillons en partenariat avec ces organisations régionales pour faire en sorte que les contributions des régions puissent influer sur les négociations intergouvernementales. »
Pierre-Henri Lab
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