Actus humanite.fr 28-10-2008
Les permis de construire en chute libre !
Le nombre de permis de construire s’effondre en France : - 23% au troisième trimestre. Sans jamais s’être inquiété de la montée des prix, l’État entend secourir les promoteurs, sans s’engager sur le logement social.
Le nombre de permis de construire s’est effondré en France au 3e trimestre, chutant de 23,3% à 111.342 unités au cours du troisième trimestre, par rapport à la même période de l’année dernière, tandis que le nombre de mises en chantier a reculé de 8,1% à 110.329 unités, selon un communiqué publié mardi par le ministère de l’Ecologie. On peut voir ces chiffres de deux manières : comme la confirmation que l’imobilier, après l’automobile, est bien le second secteur où sévit le plus durement la crise, et cdomme une manière de valider le plan de "rachat" de permis de construire annoncé ces dernières semaines.
Au cours des 12 derniers mois (octobre 2007 à septembre 2008), le nombre de mises en chantier est en repli de 11,8% à 385.143 unités, largement sous la barre symbolique des 400.000, et le nombre de permis de 18,2% à 468.994 unités.
La ministre du Logement Christine Boutin, qui va présenter en décembre sa loi sur le sujet à l’Assemblée Nationale après l’avoir fait adoptée au Sénat, a reconnu récemment que le nombre de mises en chantier sur toute l’année 2008 devrait se situer aux environ de seulement 360.000, contre 435.000 en 2007.
Pour répondre à la demande de logements non satisfaite en France, l’objectif affiché du gouvernement était de 500.000 nouveaux logements par an.
Sur les trois derniers mois, la baisse de mises en chantier est de 4,6% pour les logements individuels à 67.174 unités et de 13,4% sur un an à 203.654 unités. Pour les logements collectifs, les mises en chantiers chutent de 21,1% sur le trimestre à 38.895 unités et de 8,8% sur un an à 164.462 unités.
Depuis sept ans, les prix n’ont cessé de s’envoler, encouragés par des conditions de crédits très attractives (taux bas, durées de plus en plus longues, mise en place de prêts à taux zéro). Face à cet emballement, le pouvoir politique est resté muet. « Personne n’a rien fait, ni avant ni après 2002 », pour calmer cette surchauffe, confirme l’économiste Michel Mouillart, spécialiste du logement.
« En attendant, il y a toujours dans notre pays 1,4 million de demandeurs de logement social, rappelle Jean-Pierre Giacomo, de la CNL. Et le budget logement pour 2009 baisse, lui, de 7 %. »
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