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Politique - Article paru le 18 octobre 2008

Face à la crise

Grande frousse au MEDEF



Patronat . Face à la crise, l’internationale des patrons, réunie hier à Paris, a une hantise : que l’opinion rejette le capitalisme.

Devant ce qui risque toujours de devenir la plus gigantesque crise financière de tous les temps, les organisations patronales des grandes puissances viennent de se donner une mission urgente : faire taire ceux qui voudraient contester les bienfaits de l’économie de marché, les joies et les délices du capitalisme, et trop vanter les vertus de l’interventionnisme politique et du retour des États dans l’économie. Hier après-midi, au dernier étage du MEDEF, sur fond de tour Eiffel à Paris, Laurence Parisot a, avec ses homologues américain, allemand, britannique et italien réunis pour un très solennel G5 patronal, devant près d’une centaine de journalistes, lancé un vigoureux appel à la mobilisation.

« Dans ce moment troublé et compliqué, il nous semble important que la parole des entreprises, nos diagnostics s’expriment clairement, présente la présidente du MEDEF. Nous soutenons totalement et sans réserve les plans élaborés aux États-Unis et en Europe pour soutenir les banques et les assurances. Mais au-delà, il y a des précautions à prendre. Plus que tout, nous voulons dire combien nous croyons dans l’entreprise privée. Le grand public doit comprendre que c’est par l’entreprise qu’on trouvera la solution pour la croissance ; ça n’est pas par les États, ni même par la coopération entre les États. Seule l’économie de marché peut apporter la prospérité aux différents pays. »

Richard Lambert, du patronat anglais, appuie dans le même sens : « L’économie de marché est parfois extravagante, on le sait tous, mais elle demeure le meilleur système d’allocation des ressources. » Véritable armoire à glace, Jurgen Thumann, leader des entrepreneurs allemands, la joue moins fine encore. « Vous devez nous aider à faire passer le message, supplie-t-il presque la presse. C’est crucial qu’on ne laisse pas des individus ayant un programme politique alternatif évoquer la fin du capitalisme, la fin de l’économie de marché. On ne peut pas leur laisser dire ça… Le marché libre, le capitalisme est ce dont nous avons besoin pour le futur. »

Les huit organisations patronales des pays du G8 doivent se retrouver le 4 décembre. D’ici là, d’après Laurence Parisot, ils vont mettre en place un « groupe de travail pour échanger des idées et des informations sur la situation ». Tels qu’ils sont partis vendredi, on peut compter sur les patrons des patrons du monde pour ravaler la façade et tout changer pour que rien ne change dans le capitalisme.

Thomas Lemahieu

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Tag(s) : #Politique
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