La Louve
samedi 11 octobre 2008
Nous l’a t il assez seriné pendant sa campagne, l’excité élyséen, en nous volant Gramsci en plus (qui a du se retourner dans sa tombe) : la bataille idéologique est fondamentale, et c’est elle qui détermine l’issue du combat politique.
Alors il est temps pour nous de relever le gant, et rapidement. Tu veux de la bataille idéologique mon pote? Tu vas en avoir. On n’a pas tes moyens médiatiques de communication de masse, mais on a la vérité pour nous, et la détermination des crève-la-dalle.
Non, ce que nous vivons actuellement n’est pas "une crise du capitalisme". Ou alors c’est une crise de croissance !
Ce que nous vivons, c’est une réorientation structurelle et rationalisée des intérêts des propriétaires des moyens de production et accapareurs de l’argent réel. En d’autres temps on appelait ça un développement de l’impérialisme.
Continuer à propager y compris jusque dans nos rangs l’idée de "crise du capitalisme", pire de "crise du capitalisme financier", c’est contribuer à accréditer l’idée sous-jacente qu’il y aurait un "capitalisme sain", un capitalisme en concurrence avec un autre qui serait "virtuel", strictement financier.
Or c’est une vision qui ne rend pas compte d’une réalité, rapportée pourtant par les milliers de manifestants et notamment celles et ceux de la filière auto vendredi au Parc des Expositions de Versailles : " De l’argent, il y en a, dans les caisses du patronat" !
Que les capitalistes de tous poils aient besoin, à un moment donné de l’histoire, de rebattre leur jeu et de déplacer leur pion sur l’échiquier mondial pour continuer à maintenir et à augmenter leur taux de profit c’est quand même une règle de base de l’enseignement marxiste.
Du fric, du vrai flouze, du pognon, donc il y en a et il est bien quelque part. Des investissements, il s’en fait encore à travers le monde. Le fait que des banques et des assureurs fassent faillite, c’est comme dirait nos amis américains "un dommage collatéral".
Qui a dit que la guerre capitaliste épargnait les membres de son propre camp? Il se livre une compétition féroce entre eux.
Leur seul point consensuel véritable est de ne pas endommager le système global qu’on appelle capitalisme. Mais il serait complètement irréaliste de penser que les capitalistes sont une classe homogène, uniforme, qui pensent d’abord aux autres capitalistes avant de penser à leurs intérêts personnels !
C’est exactement comme chez nous, les travailleurs au fond, avec une différence notable cependant : les capitalistes ont presque tous et toutes une conscience de classe, une conscience claire qu’au final, il leur faut défendre le système, qui fait défaut aux travailleurs.
Mais ces institutions qui, en effet, font faillite, ne sont pas preuves que le capitalisme serait en crise. Elles ont seulement perdu la bataille de la concurrence que se livrent entre eux les êtres de chair et de sang qui dirigent tout ce bordel.
Il y a un moment où les plus faibles, les moins habiles, les moins prévoyants, se font dévorer par les plus forts.
Le capitalisme c’est la jungle et le règne de l’égoïsme et des intérêts personnels. Et Marx et Engels ont bien montré que la compétition n’épargnait pas les membres de cette classe.
Est-ce qu’on va enterrer tous ces patrons voyous avec fleurs et couronnes? Est-ce notre rôle? Non. Absolument pas.
En tant que communistes, un de nos rôles premiers est, je pense, de faire éclater les contradictions du système partout où on le peut et à chaque fois qu’on le peut.
Et d’apporter, pour ce faire, notre analyse originale, la plus autonome possible des instruments intellectuels du pouvoir politique capitaliste, pour aider les travailleurs à leur prise de conscience, et les rendre plus forts dans leurs luttes.
C’est avec des analyses justes et des idées claires que l’on avance dans la bataille contre le capitalisme.
Il n’y a pas de "crise du capitalisme" : il y a une restructuration du capitalisme qui se fait aux dépens des travailleurs publics et privés, notamment en Europe, aux USA en Russie et au Japon.
Et ce qui est vrai par contre, c’est que cette restructuration, elle peut signer la fin de l’hégémonie occidentale, et se traduire par une défaite des pays du G8, ou en tout cas et plus exactement, de ce qui restait de "capitalisme national" ou "atlantiste" dans ces pays.
Pourtant j’ai souvenir d’un dossier complet publié dans le Magazine des Echos il y a quelques mois où certains gros patrons d’assurances et de banques "françaises" parlaient de ce "capitalisme national" et appelaient à le "remettre au goût du jour" avec un gros accent de panique dans la voix....
On dit la crise mondiale mais "bizarrement" on n’entend RIEN sur la situation de la Chine et de l’Inde actuellement (si ce n’est que l’Inde vient ENFIN d’obtenir son accord de coopération nucléaire avec les USA - à quel prix?).
C’est très opportun (mais pas très honnête), de la part de nos dirigeants, "d’oublier" ce que rappelait RFI en début de cette année sur la Chine et les banques américaines par exemple :
Ici, le rappel de l’article de RFI
D’ailleurs la banque centrale chinoise ne semble pas avoir trop de problèmes puisqu’elle vient de publier un communiqué par l’intermédiaire de son porte parole, Li Chao, qui dit ceci :
"La BPC poursuivra les contacts et la coopération étroits avec ses homologues et les organisations financières internationales afin de maintenir conjointement la stabilité du marché financier mondial"(...)
"(...)La BPC suivra de très près le développement ainsi que les effets de la crise financière et prendra des mesures dans les temps et de manière flexible en fonction des changements des situations économiques nationale et internationale pour se préserver solidairement contre les risques financiers, a précisé Li(...)".
C’est très opportun aussi d’oublier de mentionner le rôle des "fonds souverains" dans cette succession de déroutes...Marrant, l’an dernier, on ne parlait que de cela.
Alors oui, que cette analyse soit complètement juste ou pas, il me semble qu’elle ne peut pas être complètement écartée, et qu’il est grand temps que nous envisagions que faire nôtre l’analyse produite par la pensée dominante n’est peut être pas ce que nous devons faire.
Collectif Bellaciao
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article72445
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