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International - Article paru le 9 octobre 2008 dans l'Humanité

McCain semble ne pas avoir comblé son retard face à Obama



États-Unis . Le candidat républicain, qui annonçait une contre-offensive, n’a pas redressé la barre face à Obama, dans un débat télévisé marqué par le krach.

Sous le feu des questions venant de la salle ou d’Internet, les deux candidats à la présidentielle ont exposé leur plan pour affronter la crise. Obama a insisté sur la responsabilité de Bush dans la dérégulation, avec le soutien de McCain huit années durant, et sur la nécessité de relancer en mettant fin « aux cadeaux fiscaux en faveur des privilégiés » et en réduisant les impôts pour 95 % des citoyens. Il faut aussi, a-t-il dit, changer l’attitude de chacun envers la consommation d’énergie dans un pays qui ne possède que 3 % des ressources de pétrole et en consomme 25 %. La création de nouvelles sources d’énergie, essentiellement le nucléaire, créant des centaines de milliers d’emplois.

Les retraites et l’assurance maladie au coeur du débat

Pour McCain, il faut maintenir les impôts au plus bas, arrêter les programmes de dépenses (publiques) inefficaces, aider tout ce qui peut stabiliser la valeur des biens immobiliers. L’État devant consacrer 300 milliards de dollars au rachat des hypothèques des familles insolvables. C’est le moyen, dit-il, d’en finir avec la crise qui a son origine dans l’immobilier. Une affirmation réfutée par Obama qui la fait débuter avec la dérégulation, bien avant les subprimes.

Opposé à l’intervention de l’État, McCain a pourtant mis entre parenthèses le dogme pour approuver les 700 milliards de rachat des actions pourries. Ses accusations contre les prodigalités de son adversaire qui va aggraver la situation en augmentant les impôts tombent à plat.

De la salle on interroge sur les retraites qui fondent avec la baisse catastrophique de la Bourse et sur l’assurance médicale, deux des soucis prioritaires des Américains. Obama choisit d’imposer à tous salariés et à leurs employeurs l’inscription à une assurance privée, à quoi s’oppose McCain, qui y voit une taxation des moyennes entreprises (qui, en majorité, ne participent pas aux contrats d’assurances) et préfère leur accorder un crédit d’impôt afin qu’elles puissent participer aux contrats d’assurances. Il s’en remet, d’autre part, aux subventions de chacun des États, chaque salarié ayant la possibilité de choisir celui qui offre les meilleures garanties. Un « shopping d’État à État », ironise Obama.

Considérez-vous, demande une femme dans la salle, l’assurance maladie comme un privilège, un droit ou une responsabilité ? Les trois, répond McCain. Un droit, répond Obama, en rappelant que les dépenses pour la guerre - bientôt 1 000 milliards de dollars par an - permettraient de trouver de quoi financer les dépenses sociales. Le candidat démocrate veut également s’en prendre aux compagnies d’assurances, qu’il faut réprimer quand elles escroquent leurs clients en refusant de payer les soins prévus. Personne ne parle plus d’une Sécurité sociale universelle.

La politique étrangère pour conclure

La politique étrangère occupe la fin du débat. McCain vantant « la nation qui incarne le bien » et son intervention en Irak où « la vie normale » reprend. Il critique le projet d’Obama d’intervenir au Pakistan à la poursuite des taliban, au risque de dresser l’opinion publique contre les États-Unis. Mais Obama insiste : si le Pakistan « ne veut pas ou ne peut pas le faire, c’est à nous de le faire », pour en finir avec Ben Laden. Certes, Obama donne la priorité au dialogue, appuyé par des sanctions plus fermes avec l’Iran, mais comme McCain, il estime qu’il ne faut pas attendre le feu vert de l’ONU pour intervenir contre une menace d’agression nucléaire ou de génocide.

Au bout d’une heure et demie, McCain a le mot de la fin : « Personne ne sait ce qui va advenir. Le défi est sans précédent. » Dans l’immédiat, le premier sondage après le débat le donne perdant. Ses réponses à la crise économique ont donné l’avantage à Obama.

Jacques Coubard

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Tag(s) : #Monde
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