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Actus humanite.fr 22-09-2008

 

FSE 2008. À l’heure du bilan!




Forum Social Européen de Malmö. Notre site a suivi la rencontre des altermondialistes avec sa correspondante, Emmanuelle Reungoat, jeune étudiante en sciences-po.
 

Hejdå Malmö !

Bye, bye Malmö. Ce dimanche se clôt notre ballade dans le Forum social européen. Si l’on n’est pas fâché de retrouver les verts pâturages franchouillards et les joies du foyer, on ne peut empêcher ce petit pincement au cœur quand le train avale le détroit de l’Øresund en sens inverse. C’est l’heure du bilan. Alors… Que retirer de cet évènement mêlant altermondialisme et grands froids, mis à part une dépendance désormais acquise aux Wasa du matin ? 

Bilans de petits bleus


Pour le savoir, je vous propose d’abord deux regards croisés, et contraires, de nouveaux venus du Forum, baptisés au millésime 2008 donc.

Pierre, militant belge pour l’annulation de la dette des pays du « Sud » sort frustré de ce FSE. Selon lui, on discute des heures et on n’avance à rien puisque chacun préfère tirer la couverture à soi. « Alors qu’on est d’accord sur le fond ! » s’énerve t-il. « Qui pourrait venir me dire qu’il défend le secret bancaire !? Personne ! Je ne dois pas être assez vieux pour le consensus » lâche t-il avant de sortir.

Tout au contraire, Céline et Annie, deux salariées françaises d’AXA rencontrée à la sortie d’un séminaire sur la démocratie participative, sortent enchantées de leur expérience suédoise. Internationale, pleine de contacts… La convergence des luttes est particulièrement appréciée : « On voit qu’on a les mêmes problèmes et les mêmes préoccupations ». Le fait de chercher en commun des solutions, souvent à un niveau européen, « c’est génial ! » s’exclament-elles. Les deux femmes s’en iront avec une carnet d’adresse bien rempli et le sentiment prometteur qu’« on sent une force ici ».


L’assemblée des mouvements sociaux

En ce dimanche matin, à l’Amiralgarten, c’est l’assemblée des mouvements sociaux. Autrement dit, le rassemblent de toutes les associations qui organisent et participent au FSE, seule instance à pouvoir produire des textes et acter des décisions au nom du Forum. La liste des intervenants de cette grande réunion aux airs de bilan n’en finit pas de se charger. C’est que la plupart des réseaux viennent faire part du travail abattu durant ces quatre jours. On s’accorde finalement sur quelques résultats : une déclaration commune, arrachée à grands coups de discussions, sera finalement rédigée au nom du Forum. Une liste de mobilisations est également arrêtée. On retiendra entre autres que la prochaine échéance est prévue pour début décembre à Paris sur le thème de l’Europe sociale. A la même date d’ailleurs, seront lancées des mobilisations dans le monde entier sur les questions de la crise climatique. On note aussi un rassemblement à Bruxelles en mars en marge du sommet de l’UE et puis, en avril, rendez-vous est pris à l’occasion du 60ème anniversaire de l’OTAN. On prévoira enfin, cet été, un petit tour en Sardaigne pour (enfin contre) le prochain G8. Sans oublier évidemment le forum mondial de Belem en janvier. La liste n’en finit pas. De toutes façon, mobilisations, déclaration et résultats des travaux seront sur le site Forum sous peu, on nous le promet (www.esf2008.org/). 


Le bilan des anciens


Les plus rompus du Forum, quant à eux, esquissent un bilan en demi-teinte de ce 5è opus européen. L’organisation n’aura pas toujours été à la hauteur de l’évènement, marquée à la fois par les dissensions internes au Nordic organization comity au cours de la préparation du Forum, ainsi que par leur inexpérience en la matière. On espère que ces premiers pas, parfois malhabiles, des mouvements organisateurs ne seront pas synonymes de mise en retrait des activités avec les « européens du continent » comme on nous appelle ici.

Surtout, ce nouveau rendez-vous du mouvement social alter-européen n’a pas réussit son pari de rassembler largement au-delà des habitués, en particulier chez les scandinaves. Si la présence des citoyens nordiques fut réelle, elle reste en deçà des espérances qu’affichait l’implantation de l’évènement en terre suédoise. On se console largement toutefois de ce bémol en évoquant la qualité des échanges, régulièrement soulignée au travers des diverses rencontres, ainsi que par la belle réussite de la manifestation de samedi, qui a mis du baume au cœur des troupes.

14H. Les nordiques sifflent avec émotion la récréation. Times up, c’est fini. Au final, et comme on pouvait l’attendre, ce sont les réseaux et les différents groupes de travail qui ont bien avancé. Leurs discussions se poursuivront d’ailleurs souvent dans les couloirs, jusque dans l’aéroport de Copenhague..voire même probablement au-delà, chemin faisant vers la sublime porte d’Istanbul 2010.


Ma plus belle histoire d’amour…


Pour terminer notre flirt avec le FSE, on retiendra les propos de Nicolo. Italien, familier des forums -il a fait tous les FSE depuis Florence (2001)- il revient sur le processus. L’idylle : Les prémices du FSE sont emportés. C’est le coup de foudre pour l’évènement, on se rencontre, on se plait raconte t-il. On veut faire du forum une machine à transformer : les politiques publiques, les institutions, les rapports hommes-femmes, nord-sud …la face du monde finalement. C’est l’enthousiasme des débuts et l’avenir s’annonce idyllique. Le doute : Puis est venue la découverte de chacun par l’autre, les difficultés à se comprendre apparaissent. L’aventure peut-elle se transformer en fiançailles ? Un seul mot donnait parfois donner lieu à des heures de débat, évoque t-il, tant les significations diffèrent selon les cultures politiques, les histoires et les langues. (On pense alors à la laïcité en souriant devant ce romain). C’est l’expérimentation de la décentration. Un peu comme un lendemain de nuit de noce…tout est à construire. La maturité : Aujourd’hui on a muri, tranche Nicolo. On a avancé vers la compréhension mutuelle. Il aura fallu prendre le temps de faire avec les envies et les objectifs de chacun, pour s’entendre. Et les mentalités ont évolué, on le voit. Maintenant, tout le monde est pour l’Europe, on ne la refuse plus comme auparavant, dit-il. On a compris qu’elle pouvait être un nouvel espace où porter nos luttes. Mais on avance doucement. Il semblerait que le romantisme ait laissé place à un réalisme cherchant à construire l’harmonie. Une vraie histoire d’amour quoi. D’ailleurs, la romance continue et c’est promis, la prochaine fois, ce sera Byzance !

 

 

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Tag(s) : #Politique
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