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International - Article paru le 11 septembre 2008 dans l'Humanité

800 000 Haïtiens en danger



L’aide humanitaire, plus urgente que jamais pour Haïti, tente de s’organiser.

Le dernier cyclone est passé il y a deux jours, et le nombre de victimes s’accroît toujours à Haïti. À Gonaïves, ville sinistrée du nord du pays, 101 personnes sont mortes depuis lundi, après le passage d’Ike. Ce nouveau bilan, établi par l’ONU, vient s’ajouter aux centaines de morts causées par les trois précédents ouragans, Fay, Gustav et Hanna, qui ont traversé l’île ces dernières semaines. Toujours selon l’ONU, 800 000 personnes, dont 300 000 enfants, seraient affectées par ces intempéries.

« Si on ne trouve pas une solution pour amener de l’aide humanitaire massivement, on va vers des bagarres et des émeutes qui feront plus de morts que le cyclone », prévient Vicky Delore-Ndjeuga, chargé de l’information à la mission de l’ONU en Haïti.

L’ONU, la Croix-Rouge, le PAM (programme alimentaire mondial), l’association Care ou encore Action contre la faim tentent d’organiser sur place l’aide humanitaire. « Le problème numéro 1 est l’accès à l’eau potable, ainsi que la propagation des épidémies », précise Louis-Étienne Vigneault, des Nations unies. Les opérations se concentrent essentiellement sur la ville de Gonaïves, très touchée par les ouragans. « Les pluies torrentielles rendent l’accès très difficile. C’est un cauchemar logistique, observe Élisabeth Byrs, porte-parole de l’ONU. De nombreuses personnes sont sur les toits pour se protéger de l’eau. » Des convois humanitaires sont malgré tout parvenus dans cette ville mais l’aide apportée est largement insuffisante.

Lors d’une distribution d’eau, de nourriture et de kits sanitaires d’urgence, dans une école, des soldats onusiens, munis de boucliers anti-émeute, gèrent les inévitables bousculades. Dans la foule, Barbara (14 ans) explique qu’elle a vu beaucoup de morts. « Ma mère enceinte est presque morte, et je ne sais pas si mon père est vivant… » À l’extérieur de l’école, les candidats malchanceux tapent frénétiquement sur le portail en fer.

Dans cette zone de Gonaïves, quelque 26 000 personnes, dont 12 000 enfants, ont reçu de l’aide mais certaines régions, dans le sud, restent inaccessibles et n’ont reçu aucun secours depuis le passage de Gustav, le 26 août.

Le Canada a annoncé, hier, le versement de 5 millions de dollars à des organismes humanitaires et l’envoi d’équipes sur place. En France, la Croix-Rouge a lancé un appel aux dons pour les victimes.

Margaux Girard

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Tag(s) : #Monde
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