Hôpital : une réforme à haut risque

Santé . Voici décryptés, analysés et commentés les points les plus saillants de la future loi hôpital, patients, santé, territoire.
Une entreprise ultralibérale de déconstruction de la santé pour tous.
« Garantir l’accès à des soins de qualité à l’ensemble de la population » : telle est la volonté affichée du gouvernement dans son projet de loi finalement baptisé « hôpital, patients, santé, territoire ». On ne peut qu’être d’accord avec un tel postulat. Sauf que, hélas sans surprise, les quatre chapitres et trente articles de cette réforme mettent en musique les propositions les plus libérales des rapports préparatoires à la loi.
Et risquent d’accélérer l’entreprise de déconstruction de la santé pour tous.
Sous couvert de « moderniser » le systèmede santé, le gouvernement entend en effet
accroître les pouvoirs des directeurs d’hôpitaux, favoriser une plus grande « coopération » public-privé
et créer des agences régionales super puissantes définissant la politique de santé. Autant de propositions synonymes de déconcentration des pouvoirs publics, autoritarisme renforcé et
privatisation de l’hôpital public. Concernant l’hôpital, cette future loi a d’ailleurs le goût et la saveur d’une carte hospitalière qui ne dit pas son nom.
Faisant primer les préoccupations budgétaires sur la nécessité d’assurer les missions de service public, le gouvernement semble
oublier que les Français placent la santé au deuxième rang de leurs préoccupations, juste derrière le pouvoir d’achat. Qu’importe, la ministre s’évertue à parler de réforme
« ambitieuse ». Mais toute réforme ambitieuse exige des moyens. Ce qui n’est
pasle cas.
En cette période de récession, où le gouvernement va-t-il trouver les moyens pour équilibrer les comptes en 2012 ?
Prochain éclairage à la fin du mois, avec présentation du texte en Conseil des ministres, pour un débat au parlement programmé pour la mi-octobre. Principale crainte des professionnels de santé, syndicats et usagers : que les parlementaires dépouillent le texte de sa substance et du peu d’humanité qui le constitue.
Alexandra Chaignon
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