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Le CAC 40 fait encore des profits
Entre les calculs de Reuters et ceux de la Tribune, les chiffres diffèrent, mais la tendance reste la même : au premier semestre 2008, les profits cumulés des grandes entreprises cotées aux CAC 40 reculent de 5,7 % ou de 4 %, mais, en dehors du secteur des banques et des assurances, frappées de plein fouet par la crise financière, les performances des groupes restent bonnes. D’après Reuters, en excluant AXA, BNP-Paribas, le Crédit agricole, Dexia et la Société générale, les entreprises restantes ont encore gonflé leurs bénéfices en moyenne de 12,3 %. Grâce à la flambée de l’or noir, Total, la plus grosse capitalisation boursière de Paris, voit son chiffre d’affaires augmenter de 21,4 % (92,41 milliards d’euros) au premier semestre de cette année et les bénéfices du pétrolier crèvent littéralement les plafond à 8,33 milliards d’euros (+ 29 %). Derrière ce champion toutes catégories, ArcelorMittal se taille également la part du lion : + 13,7 % de chiffre d’affaires (44,2 milliards d’euros) et + 43,3 % de profits (5,36 milliards d’euros). Alors qu’ils s’apprêtent à tailler encore dans leurs effectifs en France et dans toute l’Europe de l’Ouest (lire page 4), les constructeurs automobiles Renault (1,55 milliard d’euros de bénéfices, + 21,2 %) et PSA (733 millions d’euros de profits, + 49 %) réalisent des résultats nettement supérieurs aux autres. Le géant de l’agroalimentaire Danone (701 millions d’euros de bénéfices, + 15,8 %), le cimentier Lafarge (773 millions d’euros de profits, + 15 %), le groupe de BTP Bouygues (701 millions d’euros de profits, + 6 %), le mastodonte des grandes infrastructures Vinci (731 millions d’euros de bénéfices, + 19 %) et le fabricant d’équipements Schneider Electric (851 millions d’euros de profits, + 17 %) s’en sortent également très bien.
Les grandes puissances financières comme AXA (3,18 milliards d’euros de profits, - 32 %), la Société générale (1,74 milliard d’euros de bénéfices, - 45,2 %) ou encore BNP-Paribas (3,48 milliards d’euros de profits, - 27,2 %) subissent des revers sur le front de la rentabilité financière, mais leurs résultats nets consolidés demeurent très élevés. Dans ce contexte, un analyste boursier cité par la Tribune tente de noircir le tableau : « L’activité des entreprises risque de se détériorer, alors même que leurs charges devraient augmenter sous l’effet de la hausse du prix des matières premières et d’une probable inflation des coûts salariaux. Toute la question n’est pas tant de savoir si l’on va entrer en récession mais plutôt de déterminer à quel moment se profile l’espoir d’une reprise. »
Thomas Lemahieu
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