Darcos tape sur les doigts des syndicats
Éducation . Inflexible, le ministre maintient le cap de ses réformes.
Face au front syndical qui s’organise, Xavier Darcos persiste et signe. Lors de la traditionnelle conférence de presse de rentrée, hier, le ministre de l’Éducation nationale a marginalisé le mécontentement des enseignants. Et s’est voulu rassurant. « La rentrée se passera tout à fait normalement », a-t-il déclaré. Ironique, le ministre a tancé les syndicats qui « feront grève le 7 octobre, bien que nous ne sachions pas encore l’objet de leurs revendications ». Une journée d’action qui sera l’occasion, pour le ministre, de « mesurer l’efficacité du service minimum d’accueil des enfants » contesté par l’opposition et les élus locaux.
Aucun complexe
L’inquiétude autour des suppressions de postes (11 200 postes en moins à la rentrée et 13 500 en 2009) ? Elle n’a pas lieu d’être selon le ministre : « On nous avait dit 11 200 (suppressions de postes - NDLR) c’est la fin de tout. Vous verrez la semaine prochaine que les élèves seront le même nombre par classe, ils seront même un tout petit peu moins. Nous aurons un meilleur taux d’encadrement que la rentrée précédente. » Son argument massue : les évolutions démographiques. Selon les chiffres du ministère, 6 000 élèves supplémentaires sont attendus dans l’enseignement primaire public, mais la rentrée se fera avec 40 600 élèves de moins dans le second degré public (collèges et lycées). Mais, sur le fond, Xavier Darcos reconnaît sans fard que les caisses sont vides : « Je n’ai aucun complexe à défendre le non-renouvellement d’un certain nombre d’emplois car le poids de la dette est considérable. »
Lundi dernier, le ministre avait annoncé que cette année serait « celle des enseignants ». Il a apporté cette fois des précisions. Assurant que son ministère dégageait « tout de suite » 410 millions d’euros. Sur ce total, 294 millions correspondent aux heures supplémentaires défiscalisées et exonérées de cotisations sociales proposées aux enseignants. Sont aussi comprises dans cette enveloppe la prime annuelle de 1 500 euros aux professeurs débutants et celle de 500 euros pour chaque enseignant travaillant trois heures supplémentaires hebdomadaires.
« débrouillez-vous ! »
Selon les calculs du ministre, un professeur certifié qui accepterait cette mesure verrait son salaire annuel augmenter de 4 400 euros. « Pour les salariés de ce pays, j’aimerais savoir si 4 400 euros c’est une mesurette », a lancé Xavier Darcos, en reprenant le mot du syndicat SNES-FSU qui réclame un plan de revalorisation salariale pour tous.
L’oreille du ministre ne sera pas plus compatissante pour les collectivités locales. Ces dernières s’inquiètent des difficultés pour mettre en place les deux heures hebdomadaires d’aide personnalisée en primaire ? Xavier Darcos a trouvé la réponse : « Qu’elles se débrouillent ! », a-t-il lâché. En juillet, l’Association des maires de France soulignait les problèmes logistiques importants posés par cette réforme (horaires de cantine dédoublés, transports scolaires réaménagés…) et demandait un report d’un an et l’organisation d’un moratoire. « Ce mot ne fait pas partie de mon vocabulaire », a tranché le ministre. En revanche, le lexique ministériel s’est enrichi d’un nouveau concept, celui de « l’école nouvelle génération ». C’est ainsi que Xavier Darcos - et ses services de communication - baptise l’ensemble des réformes à venir : assouplissement de la carte scolaire, suppression du samedi matin, nouveaux programmes en primaire…
Alice Cloiseau Florent Gandois
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