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Société - Article paru le 28 août 2008


« Tout est là pour une reprise combative »



Pouvoir d’achat en berne, nouveaux programmes scolaires… Pour Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, le mécontentement des personnels de l’éducation est bien réel

Mardi vous rencontrez les autres organisations syndicales de l’éducation pour « discuter des perspectives d’action face à la politique gouvernementale en matière d’éducation ». Qu’allez-vous leur proposer ?

Gérard Aschieri. Il y a beaucoup de mécontentement et, outre les questions éducatives, la question du pouvoir d’achat va peser beaucoup sur l’état d’esprit des personnels à la rentrée. Il ne faut pas tarder à proposer des actions communes, car tous les éléments sont là pour que la rentrée soit combative. Ce soir, nous lancerons un appel à nos collègues pour que, dès la rentrée, il y ait des actions en fonction des situations locales. Au travers de manifestations, de rassemblements, mais aussi le refus des heures supplémentaires dans les lycées et collèges, des distributions de tracts ou des adresses aux parents, il s’agit de mettre l’accent sur tout ce qui ne va pas en cette rentrée. Notamment, les conséquences des suppressions de postes. J’ai bon espoir qu’on arrive à des décisions communes d’actions, en tout cas je le souhaite vivement.

L’année dernière, vous avez déjà cherché à mobiliser contre les suppressions de postes mais vous vous êtes heurtés à un mur…

Gérard Aschieri. Si nous nous sommes heurtés à un mur, je trouve que ces derniers temps le gouvernement a été obligé de tenir compte du rapport des forces. Xavier Darcos ne vient-il pas de dire que cette année serait « celle des enseignants » ? Je pense que les mouvements que nous avons conduits ont fait bouger légèrement les choses. En revanche, nous n’avons pas eu la capacité de mener un plan d’action qui dure. Nous proposons donc, cette année, un rendez-vous hebdomadaire que nous appelons « Les jeudis de l’éducation ». Peu importe le jour, d’ailleurs, l’essentiel est d’avoir une régularité, un jour qui rassemble toutes les actions qui peuvent se faire sur le plan local. Dans ce cadre, un de ces jeudis pourrait faire l’objet d’une journée de grève pour l’éducation. Durant l’année de mobilisation que nous avons connue, nous avons perdu la bataille du rassemblement entre personnels de l’éducation et usagers. Et c’est pour cela qu’en plus de la réunion des fédérations de l’éducation, on aura demain (aujourd’hui - NDLR) une rencontre avec les parents d’élève, les listes de la FCPE, les lycéens, les étudiants, les associations complémentaires de l’enseignement public et les mouvements pédagogiques. Il faut trouver des moyens d’action qui rassemblent tout le monde car la bataille ne se gagnera pas seulement avec les personnels de l’éducation. Du moins c’est une de nos idées.

Quels grands changements entraînent les réformes annoncées par Xavier Darcos ?

Gérard Aschieri. Cette année, nous serons 8 500 enseignants de moins. L’année prochaine, le gouvernement annonce 13 500 nouvelles suppressions de postes sans connaître la répartition. Cette année, l’essentiel de ces suppressions a porté sur le second degré. L’année prochaine, ce sera, à coup sûr, au tour des écoles primaires d’être durement touchées par les réductions d’effectifs. Ces dernières entraînent une dégradation des conditions d’enseignement, avec des classes surchargées et des difficultés accrues pour assurer le suivi des élèves en difficulté. Mais c’est aussi une réduction de l’offre d’éducation avec des suppressions d’options, de spécialités dans l’enseignement professionnel. On va à rebours de ce qu’il faudrait faire pour une école de la réussite pour tous.

Clotilde Mathieu

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Tag(s) : #Education
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