Flash Info Le Patriote : quand madame Ockrent licencie...
Plus d’infos dans le prochain numéro du Patriote, mais sans attendre signer la pétition mentionnée en fin d’article. Merci. Jean Paul Duparc
Un scandale au cœur de l’été : Le journaliste Richard Labévière licencié de « RFI »
Qui est Richard Labévière ?
Rédacteur en Chef à Radio France Internationale, expert reconnu sur les questions proche et moyen-orientales, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier paru est
« Bagdad-Beyrouth, le grand retournement ». Sa voix et sa liberté de journaliste ont toujours refusé de se faire le relais d’une lecture néo conservatrice,
américano-israélienne sur les conflits et crises proche orientales. Il n’hésite pas à parler d’ "occupation" israélienne en Cis-Jordanie et continue d’appeler la
capitale d’Israël Tel Aviv... et non Jérusalem.
Des amis du Patriote avait d’ailleurs pu apprécier ses connaissances et sa précision d’analyse lors d’un « Jeudi du Patriote », co-organisé à Nice avec le Festival Trans Méditerranée à l’automne dernier, dont il l’était l’invité.
Le sordide et l’ubuesque d’un licenciement.
Le 8 juillet dernier, il réalise à Damas une interview exclusive du président syrien Bachar al-Assad avant son voyage à Paris, pour RFI et TV5-Monde – deux filiales de la holding
« Audiovisuel Extérieur de la France » (AEF). Le 11 août, le publicitaire Alain de Pouzilhac, PDG, signifie à Richard Labevière son licenciement pour « faute grave »
au motif de cette interview ! Là où toute rédaction se féliciterait d’avoir pu disposer d’un tel « scoop », ici on l’accuse, à tord d’ailleurs, de « n’avoir pas
suffisamment prévenu sa hiérarchie à l’avance » de cette interview. Alors même que des éléments attestent que, à l’issue du Sommet arabe de Damas, en mars 2008, Richard Labévière avait
pu repérer des informations laissant à penser une évolution des relations « Damas-Beyrouth-Paris », et qu’il avait pu prendre de premiers contacts en vue d’une telle interview.
Dès le 30 avril 2008, sa « hiérarchie » en était informé et le 3 juillet une note interne indiquait « l’intérêt éditorial évident » d’une telle interview. Même si certaines
composantes de RFI n’ont rien fait pour faciliter une telle interview : refus de missionner un technicien ( officiellement tous retenus par …Le Tour de France !!!) par
exemple.
Ajoutons que la procédure aura été particulièrement malmenée ( pour rester poli ! ) pour ce
licenciement.
Le Conseil de Discipline était convoqué le 6 août sur l’évocation d’un « licenciement pour faute grave ». Ce Conseil doit normalement débattre, entendre les parties, pour
émettre un avis. Or, dès le 5 août, son « dossier préparatoire » comportait une lettre du PDG, post datée du 11 août ( !) où il était déjà écrit à Richard
Labéviaire : « celui-ci (le conseil de discipline ndlr) s’est réuni le 6 août dernier. Au cours de cette réunion, vous avez pu, assisté de votre conseil, présenter vos moyens
de défense. Le conseil de discipline ayant pu rendre son avis, je vous informe que je suis amené à prononcer votre licenciement pour faute grave. ». Comme le déclare les
syndicats CFDT, CGC, CGT/SNJ, ce Conseil de Discipline a de ce fait refusé de donner un avis. Des procédures sont en cours. Un référé Prud’Hommal doit avoir lieu le 22 septembre.
Un licenciement qui vient de loin.
Ce harcèlement contre Richard Labéviaire vient de loin. Déjà dès 1999, alors qu’il avait signé avec Pierre Péan le livre « Bethléem en Palestine », Richard Labéviaire avait fait l’objet
de menaces. En 2005, à la demande express de l’ambassadeur d’Israël en France, sa chronique matinale « Je propose » avait été supprimée. Il animait depuis une émission
hebdomadaire « Géopolitique » qui visiblement est restée insupportable aux tenants d’un discours dominant pro-israélien, y compris sur les ondes de RFI. Ajoutons que Richard Labéviaire
a sans doute aggravé son cas en participant au livre « Bernard Henri Lévy ou la règle du Je ».
Comprendre et riposter.
L’audiovisuel extérieur français ( TV5 Monde, RFI, France 24 )est désormais dirigé par Christine Okrent, épouse du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Christine Okrent est
elle même l’une des fondatrices du « European Council on Foreign Relations » , un think-tank très pro-occidental. Or on assiste visiblement à une « reprise en main » de
l’ensemble de ce secteur de presse. Richard Labevière lui même parle d’une « Orwellisation de la presse française » remettant en question pluralisme et liberté d’expression. Visiblement
toute voix discordante doit être tue.
On peut même se demander si ce licenciement n’illustre pas une tentation de vengeance d’une partie très pro-israélienne de « l’establishment français », mécontent des bougés intervenus contre son gré par la réinsertion de la Syrie dans la diplomatie proche orientale, et l’apaisement de ses relations avec le Liban.
Un comité de soutien à Richard Labéviaire s’est constitué. Une pétition est en ligne, http://www.ipetitions.com/petition/Labeviere2008/index.html). Le Patriote lui apporte son plein soutien pour que les voix d’une France libre ne soient pas reléguées au rang de « voix chères qui se sont tues ».
Jean Paul Duparc
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