Actus humanite.fr 19-08-2008
Afghanistan : dix soldats français tués lors de combats
Nicolas Sarkozy avait annoncé, lors du sommet de l’Otan, le renforcement des effectifs français, décision vivement critiquée par l’opposition.
Dix parachutistes français ont été tués en Afghanistan lors d’une embuscade à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Kaboul, a-t-on appris mardi de source militaire française.
Il s’agit de la plus grosse perte enregistrée dans les rangs de forces françaises depuis le début de leur intervention en Afghanistan, en 2001.
L’information a été confirmée à Kaboul de source militaire afghane. Les soldats étaient engagés dans un violent combat, qui a éclaté lundi, avec des taliban, a déclaré un responsable militaire afghan.
Vingt-et-un autres militaires français ont été blessés, a précisé à Paris un responsable militaire français sous le sceau de l’anonymat.
Les victimes appartiennent au 8e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMA), basé à Castres (Tarn).
Environ 3.000 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan, au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) de l’Otan, principalement à Kaboul et dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale.
L’armée française compte près de 1.800 hommes à Kaboul, où elle a pris le 5 août le commandement de la région "capitale", l’un des cinq secteurs définis par l’Otan en Afghanistan, aux côtés de soldats turcs et italiens.
Nicolas Sarkozy avait annoncé en avril, lors du sommet de l’Otan, le renforcement des effectifs militaires français en Afghanistan, décision vivement critiquée par l’opposition.
Quelque 700 soldats ont été déployés cet été dans la province de Kapisa, qui contrôle un accès stratégique à la capitale et où les insurgés sont bien implantés, dans le cadre des renforts promis par la France au sommet de l’Otan de Bucarest en avril.
Par ailleurs, 280 militaires français sont présents dans le pays dans le cadre de trois opérations distinctes de formation et d’appui à l’Armée nationale afghane (ANA) : la formation des officiers afghans, de leurs forces spéciales, et enfin l’intégration d’instructeurs dans des unités afghanes sous le label OMLT (Operational Mentoring Liaison Team).
Toujours sur le sol afghan, quelque 170 militaires de l’armée de l’air sont présents sur la base de l’Otan de Kandahar (sud) où opèrent trois Super-Etendards et trois Mirage 2000D qui apportent un soutien aérien aux soldats aux prises avec les talibans.
Lors de la conférence internationale d’aide à l’Afghanistan, organisée en juin à Paris, le chef de l’Etat avait affirmé que la France assurerait une présence militaire dans le pays "aussi longtemps que ce serait nécessaire".
Nicolas Sarkozy avait annoncé le renforcement des effectifs militaires français en Afghanistan devant le Parlement britannique le 26 mars, lors d’une visite d’Etat au Royaume-Uni.
L’envoi de 700 hommes supplémentaires dans l’Est afghan, confirmée officiellement lors du sommet de l’Otan à Bucarest, le 3 avril, avait été vivement critiquée par l’opposition française, qui s’inquiétait d’un enlisement dans un "nouveau Vietnam".
A l’époque, 68% des Français se déclaraient hostiles à cette décision.
Durant la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy avait affirmé que l’armée française n’avait pas vocation à rester "indéfiniment" sur le sol afghan. Le 26 avril 2007, dans l’entre-deux-tours, il déclarait sur France 2 : "La présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive".
Le discours a changé au nom de la "realpolitik" - un atlantisme jugé excessif par l’opposition - et d’une volonté de réintégrer la France dans le commandement intégré de l’Otan, qu’elle a quitté en 1966.
Au total, 2.600 militaires français sont déployés sur le sol afghan dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), sous commandement de l’Otan.
Les militaires français visés par l’embuscade avaient relevé les forces américaines de la 101e division aéroportée américaine (101st Airborne Division) en juillet dernier, selon une source militaire française. La France a pris par ailleurs le commandement de la région de Kaboul le 6 août.
Mardi soir, Nicolas Sarkozy se rendra en Afghanistan pour saluer la mémoire des dix soldats français tués ce lundi 18 août.
Il s’agit de la perte la plus lourde enregistrée dans les rangs français en Afghanistan depuis le début de l’intervention alliée contre les taliban, fin 2001. La France déplorait jusqu’à présent 13 morts, depuis 2002.
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