Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

TOURISME

Vacances au rabais

mercredi 13 août 2008, par Lidice Mozes / "le Patriote"

C’est du jamais vu : les matelas sur les plages du littoral sont fâcheusement vides au beau milieu de l’été. L’inquiétude est à son comble et les restaurateurs sont en train de craquer à l’heure où les hôteliers dressent un bilan positif du mois de juillet et attendent un mois d’août « excellent ».

De plus en plus de français ne partent pas en vacances l’été. Un sondage IFOP pour l’Humanité dresse un constat consternant, car 42% des français ne partiront pas ni en juillet ni au mois d’août contre 32% à la même période en 2005.

Les chiffres, à nuancer en ce qui concerne notre région, indiquent une manière différente de répartir les vacances tout au long de l’année. Selon Isabelle Billey-Queré de l’Office de tourisme et des congrès de Nice, les familles habitant sur la côte préfèrent rester sur place l’été car elles profitent ainsi des installations prévues pour les touristes et de la mer. « En revanche, elles préfèrent partir en sport d’hiver ou bien passer quelques jours d’hiver sous le soleil de la Tunisie, par exemple », explique cette dernière.

« Un changement marquant »

Coté restaurateurs, on est à bout de souffle sur le département et le syndicat des limonadiers, restaurateurs et métiers de la nuit tire la sonnette d’alarme. Le mois de juillet les restaurants des quartiers de St Roch et la Libération, par exemple, ont fait moins de 30% de leurs chiffres d’affaires habituels. Pour les professionnels établis sur la promenade des anglais et le centre ville le scénario est moins catastrophique mais tout aussi alarmant, puisque certains se plaignent d’une baisse de 5 à 10%.

« Le comportement des touristes et surtout leur façon de consommer dénote un changement marquant », explique Hubert Boivin, président du syndicat des restaurateurs. D’après lui ces deux dernières années il n’est pas rare de voir des familles au restaurant qui partagent les plats ou bien d’autres qui préfèrent aller au supermarché afin de se procurer le nécessaire pour manger un casse croute sur le bord de mer, à la montagne ou dans les chambres d’hôtels afin de faire des économies. « La baisse du pouvoir d’achat fait que les vacances s’organisent différemment et nous sommes, du coup, pénalisés », souligne-t-il. S’ajoute à tout cela un certain « acharnement » sur les professionnels de la restauration qui seraient « réprimandés » au quotidien par la police municipale. Hubert Boivin ne cache pas sa colère en parlant de cela. Selon lui, le Maire de Nice, décidé de s’attaquer aux restaurateurs qui grignotent sur les trottoirs au profit de leurs terrasses ou qui ne respectent pas les horaires réglementés, semble avoir mis en place une chasse implacable. Ainsi plusieurs restaurateurs en faute seraient contraints de plier les terrasses malgré les clients installés et servis. « Vu les problèmes que nous rencontrons ils devraient être plus humains devant la situation délicate », signale ce dernier.

L’hôtellerie se porte très bien

Paradoxalement, le bilan dressé par restaurateurs et hôteliers n’est pas le même. Selon l’office de tourisme de Nice, 71 % des professionnels de la région jugent le taux de réservations « bon ou très bon ». Michel Tshann, président du syndicat des hôteliers dans les alpes maritimes considère qu’en ce mois de juillet les réservations ont été « plutôt satisfaisantes ». Les touristes sont venus nombreux, surtout de l’étranger avec un retour en force des russes qui n’auraient plus des problèmes de visa comme l’an dernier. « A mon avis nous allons battre tous les records pour le mois d’août car déjà plusieurs hôtels affichent complet sur la Côte », précise-t-il.

Quant aux touristes nationaux, on doit souligner une tendance observée depuis plusieurs années mais accentuée en juillet avec la réduction des budgets : le raccourcissement des séjours. A la montagne, les touristes ne passent plus que 3 jours en moyenne et partout, les séjours sont plus courts, de 30% en moyenne.

Alors que les employés seraient ceux qui partent le moins en vacances, ce sont les ouvriers qui connaissent l’évolution la plus spectaculaire. Car la proportion d’ouvriers ne partant pas en vacances a doublé en 4 ans seulement.

« Les français n’ont pas le moral », entend-on dire ces derniers mois. Alors, un bon conseil : profitez du soleil au cas où cela permettrait de charger les batteries, car la baisse du pouvoir d’achat est un problème loin d’être résolu et la hausse des prix à la consommation, du carburant, des matières premières, etc., sont autant des sujets ne figurant pas encore sur les agendas de nos ministres en vacances.

Emmanuelle GAZIELLO et Lidice MOZES

http://www.le-patriote.info/spip.php?article1757

Publicité
Tag(s) : #Economie
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :