Actus Humanité.fr 12-08-2008
France : mauvais signes pour la croissance
"On peut quasiment parler de récession industrielle", juge Nicolas Bouzou, d’Asterès, qui s’inquiète du recul "très rapide" de la production, revenue "à son plus bas depuis le premier semestre 2006".
Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a réfuté sur France-Info ce terme de récession, estimant que le "léger tassement de l’activité industrielle" était lié aux difficultés mondiales de la production automobile et constituait "évidemment le contrecoup du pétrole élevé".
Pourtant, le recul global de la production industrielle (voir notre article) s’ajoute à la litanie de mauvaises nouvelles de ces dernières semaines.
Le déficit commercial s’est encore creusé au premier semestre, atteignant 24,387 milliards d’euros contre 15,801 milliards un an plus tôt. La consommation est tombée dans le rouge en juin, même si elle reste à la hausse sur un an.
Le moral des industriels est au plus bas depuis depuis 3 ans, et celui des ménages depuis 20 ans.
Vu ces mauvais indicateurs (voir notre tour d’horizon), la croissance du deuxième trimestre, qui sera publiée le 14 août, est attendue faible.
"Tous les voyants sont dans le rouge, ce qui ne peut que renforcer nos craintes d’une très mauvaise surprise pour la croissance du deuxième trimestre", estime Alexander Law, de Xerfi.
Nicolas Bouzou table, lui, sur une hausse du PIB limitée à 0,1 ou 0,2% au deuxième trimestre et sur 1,4% ou 1,5% pour 2008.
Le gouvernement espère entre 1,7% et 2% de croissance, mais reconnaît qu’elle risque d’être proche du bas de cette fourchette.
Le repli de l’euro et des cours du pétrole apporte toutefois une note d’espoir. Ce qui n’est pas le cas des nouvelles en provenance
des résultats des banques comme la Société Générale et BNP-Paribas qui laissent présager un contrecoup de la crise financière des subprimes sur le secteur bancaire.
Récession, dites-vous ?
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