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International - Article paru le 8 août 2008 dans l'Humanité

Les réformes, véritable enjeux du scrutin bolivien de dimanche 10 aout 2008

Proclamant l’égalité entre les communautés et entre hommes et femmes, Evo Morales est farouchement combattu par la droite et l’oligarchie

Pour la première fois de l’histoire de la Bolivie, les plus hautes autorités de l’État, à savoir le président et le vice-président, ainsi que les préfets (gouverneurs) des régions, remettent en jeu leur mandat, le 10 août, lors de référendums révocatoires. De l’issue de ces consultations dépend la poursuite des réformes engagées par Evo Morales, trois ans après sa victoire qui a constitué une véritable rupture dans un pays marqué jusqu’alors par l’héritage raciste du colonialisme. S’il devait échouer, c’est la droite néolibérale et réactionnaire incarnée par la coalition Podemos qui reviendrait aux affaires.

Selon les dernières enquêtes, Evo Morales et son vice-président Alavaro Garcia Linera ne devraient pas être inquiétés. D’autant que, pour être révoqués, le pourcentage de votes négatifs doit excéder les 53,7 % (le score obtenu par Evo Morales à la présidentielle de 2005). Concernant une éventuelle révocation des préfets, ce sont les autorités qui nommeraient leurs remplaçants avant la tenue de nouvelles élections départementales.

À La Paz, on espère surtout que ces référendums assainiront un climat politico-institutionnel délétère. Le bras de fer que livre l’opposition au gouvernement du MAS (Mouvement vers le socialisme) freine depuis trois ans la mise en oeuvre des réformes et de la nouvelle constitution. Et polarise aussi férocement la vie politique. Les actes violences se sont multipliés au point que le secrétaire général de l’Organisation des États américains, José Miguel Insulza, a fait part de sa « profonde préoccupation » à la veille des référendums.

Un retour à la normale est-il possible ? C’est tout l’enjeu des prochains jours. D’autant que le point clé de la crise bolivienne (les réformes transformatrices et leur rythme) continuera de se poser avec acuité. Il n’y a pas de raison non plus pour que le conglomérat formé par l’opposition (droite, propriétaires terriens, patronat), et déterminé à conserver les privilèges financiers qu’il s’est octroyés, change de stratégie. C’est d’ailleurs à l’aune de cette fracture qu’ont eu lieu, en mai et juin derniers, quatre référendums d’autonomie illégaux dans l’est du pays, qui abrite les principales ressources économiques du pays. Sur fond de racisme, les Blancs ou les métis riches ne devant pas, selon eux, débourser le moindre sou pour ces hordes d’Indiens. À commencer par le président et son gouvernement que soutiennent les organisations sociales, tout aussi animées de la volonté d’imposer une répartition équitable des richesses.

Cathy Ceïbe

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Tag(s) : #Monde
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