La saignée se pratique aussi l’été
Il n’y a pas de vacances qui tiennent. En témoigne le nombre de coups bas que continue de porter le gouvernement à l’encontre des hôpitaux de proximité. À Saint-Agrève (Ardèche), la maternité doit fermer ses portes le 8 août, selon une décision de l’Agence régionale de l’hospitalisation (ARH). À Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, les menaces se précisent sur la réanimation que l’on veut transférer à Tarbes, et donc, par effet boule de neige, sur la chirurgie et la maternité. « La raison officielle de la fermeture de la maternité est le manque de pédiatre. Or voici cinq mois qu’une pédiatre a fait acte de candidature sans que la direction ne donne suite », s’insurge le collectif de défense de l’établissement, démontrant une fois de plus les méthodes viles utilisées par l’administration pour en venir à ses fins.
La région parisienne n’échappe pas à la tendance. Le 2 juin dernier, le conseil d’administration de l’hôpital de Juvisy (Essonne) a décidé de valider la fermeture de la maternité et de la chirurgie, contre l’avis du maire et président. Cette mesure socialement injuste et économiquement injustifiée, l’hôpital de Die (Drôme) la subit aussi de plein fouet : la reconversion de la maternité en centre périnatal de proximité pourrait être effective au 1er janvier 2009. Pourtant, Die justifie de l’exception géographique (pas d’établissement hospitalier à moins de 45 minutes). Comme à Lannemezan d’ailleurs, ce qui n’a pas empêché la fermeture de la maternité… Enfin, à Valréas (Vaucluse), la fermeture de la maternité et de la chirurgie a été renvoyée à début 2009 ; mais la tension monte. Le gouvernement devrait le savoir : la résistance est une question de température, et le thermomètre monte un peu partout.
A. C.
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