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SOUVERAINETE ALIMENTAIRE - SOUVERAINETE POPULAIRE

La souveraineté alimentaire, une exigence forte mais nécessaire.

« La souveraineté alimentaire est le droit des peuples à une alimentation saine, dans le respect des cultures, produite à l’aide de méthodes durables et respectueuses de l’environnement, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. Elle place les producteurs, distributeurs et consommateurs des aliments au coeur des systèmes et politiques alimentaires en lieu et place des exigences des marchés et des transnationales/. » in Déclaration de Nyéléni, Forum Mondial sur la souveraineté alimentaire, Février 2007. C’est le droit de chaque Etat de décider démocratiquement de sa politique agricole et alimentaire sans dumping vis-à-vis des pays tiers (vendre sur un marché étranger à un prix inférieur à celui pratiqué sur le marché intérieur). Il est donc important que les citoyens aient leur mot à dire sur les choix politiques concernant l’agriculture en prenant en compte les habitudes alimentaires et les modes de production locaux. Cela suppose une alter-démocratie. En effet, satisfaire ainsi de tels besoins des peuples suppose un accès généralisé à la terre, un service public de l’eau et de nombreuses autres conditions matérielles qui éloignent la souveraineté alimentaire d’une charité ponctuelle des possédants envers les peuples. Le peuple ce n’est pas seulement les pauvres !

Le peuple ce sont aussi les paysans mais pas les firmes !

Le "peuple" s’entend en opposition d’une part à l’Etat et à sa "classe" dirigeante - les élus qui font carrière au sommet de l’Etat - et d’autre part à la classe dominante que l’on peut nommer bourgeoisie ou de façon plus restreinte l’oligarchie financière. L’Etat c’est aussi ses appareils administratifs et plus particulièrement la haute fonction publique. Le peuple ce n’est donc pas la nation puisque la nation englobe la classe dominante à l’exception de la couche mondialisée qui a un pied dedans et un pied dehors. Dans certaines acception du terme la nation intègre aussi l’Etat ce qui ne clarifie d’ailleurs pas le message . Par ailleurs une nation peut être composé de plusieurs peuples en cours d’intégration plus ou moins conflictuelle. Enfin, le peuple s’entend aussi de la population résidente sur un territoire donné ; ce sans distinguer selon que l’Etat lui accorde ou non la citoyenneté . Plus radicalement encore le peuple s’entend des sans-papiers (sans carte de séjour durable) . On le voit le cercle du peuple si l’on suit cette conception globale descend "plus bas" que la nation ; il "monte" aussi moins haut : il intègre par en-bas mais élimine par en-haut !

La souveraineté comme maïtrise !

La souveraineté alimentaire est synonyme de maîtrise du peuple sur ses ressources et en perspective d’avenir sur le développement du peuple en bonne santé. Les ressources alimentaires y sont un aspect essentiel. Une telle maîtrise suppose à l’heure de la libéralisation généralisée des échanges une certaine déconnexion du marché mondial . Mais la déconnexion proposée par Samir AMIN signifie plus souveraineté nationale que souveraineté alimentaire . Autrement dit il n’est pas sûr que ce soit le peuple qui en profite réellement mais plutôt la bourgeoisie nationale . Pour que la souveraineté alimentaire aboutisse à la souveraineté populaire il importe que le peuple c’est à dire ceux qui ne décident pas et qui ne possèdent pas deviennent les bénéficiaires de l’expropriation du capital tant du capital international que national. Les petits paysans possèdent bien des terres mais il ne s’agit que de terres de taille modeste exploitable par de petites unités humaines, par la famille le plus souvent.

Le capitalisme via les firmes multinationales agro-alimentaires a éradiqué dans de très nombreux pays l’agriculture paysanne pour installer une agriculture intensive. Ce que l’on nomme pudiquement productivisme ce ne sont que les moyens et les méthodes du capitalisme (extension des terres exploitées, sur-motorisation, embauche d’ouvriers agricoles, mais aussi engrais, pesticides et semences sélectionnées ) contre les moyens et méthodes pré-capitalistes (petites parcelles, outils rudimentaires, travailleurs de la terre indépendants,...). Que des sociétés post-capitalistes aient cru bon de reproduire certaines des méthodes du capitalisme pour accroître la rentabilité des terres à partir de leur collectivisation n’est pas un argument pour empêcher de voir la logique destructrice spécifique capitalisme. D’autant que le post-capitalisme que nous voulons vise à réhabiliter l’agriculture paysanne et la petite propriété terrienne. Pour le dire peut-être avec un brin de provocation, nous défendons la petite-bourgeoisie paysanne comme nous défendons les travailleurs salariés.

Défendre la petite-bourgoisie paysanne !

Bernard Founou-Tchuigoua (1) remarque : "Toutes les sociétés antérieures au capitalisme étaient des sociétés paysannes et leur agriculture commandée par des logiques certes diverses mais toutes étrangères à celle qui définit le capitalisme (la rentabilité maximale du capital). L’agriculture capitaliste, représentée par une classe de nouveaux paysans riches, voire de latifundiaires modernisés, ou par des domaines exploités par les transnationales de l’agro-business, s’apprête à donner l’assaut à l’agriculture paysanne. Elle en a reçu le feu vert de l’OMC à Doha. Cependant, à l’heure actuelle, le monde agricole et paysan rassemble encore la moitié de l’humanité ; mais sa production est partagée entre deux secteurs dont la nature économique et sociale est parfaitement distincte".

L’auteur poursuit en examinant les phases du capitalisme en lien avec ses capacités ou non d’intégration : "Le capitalisme a toujours combiné à sa dimension constructive (l’accumulation du capital et le progrès des forces productives) des dimensions destructives, réduisant l’être humain à n’être plus que porteur d’une force de travail, elle-même traitée comme une marchandise, détruisant à long terme certaines des bases naturelles de la reproduction, de la production et de la vie, détruisant des fragments des sociétés antérieures et parfois des peuples entiers - comme les Indiens d’Amérique du Nord. Le capitalisme a toujours simultanément " intégré " (les travailleurs qu’il soumettait aux formes diverses de l’exploitation du capital en expansion -par " l’emploi " en termes immédiats) et exclu (ceux qui, ayant perdu les positions qu’ils occupaient dans les systèmes antérieurs n’ont pas été intégrés dans le nouveau). Mais dans sa phase ascendante et de ce fait historiquement progressiste, il intégrait plus qu’il n’excluait. Ce n’est plus le cas, comme on peut le voir précisément et d’une manière dramatique dans la nouvelle question agraire. Car en effet si, comme l’impose désormais l’Organisation Mondiale du Commerce depuis la conférence de Doha (Novembre 2001), on " intégrait l’agriculture " à l’ensemble des règles générales de la " compétition ", assimilant les produits agricoles et alimentaires à des " marchandises comme les autres ", quelles en seront les conséquences certaines, dans les conditions d’inégalité gigantesque entre l’agro-business d’une part et la production paysanne de l’autre".

Le capitalisme pousse au génocide des populations rurales du Sud

Nous sommes donc parvenus au point où pour ouvrir un champ nouveau à l’expansion du capital (" la modernisation de la production agricole "), il faudrait détruire - en termes humains- des sociétés entières. Vingt millions de producteurs efficaces nouveaux (cinquante millions d’êtres humains avec leurs familles) d’un coté, cinq milliards d’exclus de l’autre. La dimension créatrice de l’opération ne représente plus qu’une goutte d’eau face à l’océan des destructions qu’elle exige. J’en conclu que le capitalisme est entré dans sa phase sénile descendante ; la logique qui commande ce système n’étant plus en mesure d’assurer la simple survie de la moitié de l’humanité. Le capitalisme devient barbarie, invite directement au génocide. Il est nécessaire plus que jamais de lui substituer d’autres logiques de développement, d’une rationalité supérieure.

Jean-Jacques LAKRIVAL

Agriculture capitaliste ou paysanne, un enjeu de société

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article228

La définition du CCFD réinsère l’Etat au lieu et place des peuples. L’Etat du peuple est une figure fugace de l’histoire quand on ne parle pas de l’Etat contre le peuple.

http://www.ccfd.asso.fr/ewb_pages/s/souverainete_alimentaire.php

Alterdemocratie

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=58009

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Collectif Bellaciao
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article69560
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Tag(s) : #Politique
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