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Politique - Article paru le 2 juillet 2008 dans l'Humanité

Urgence pour l’hôpital public d’Aubagne

Santé . L’établissement est menacé par un « plan de redressement », qui sera soumis au vote du conseil d’administration jeudi. Aujourd’hui, tout un territoire se mobilise.

Marseille, correspondant régional.

Rosy Pontier a pris un morceau de carton, un feutre noir et deux bouts de ficelle. L’ancienne infirmière principale de l’hôpital d’Aubagne a écrit en caractères majuscules, côté face : « Nous l’avons fait naître. Ne le faites pas mourir » ; côté pile : « Nous ne laisserons pas zigouiller notre hôpital ». Lundi soir, elle s’est transformée en femme-sandwich pour la bonne cause. Pendant deux heures, elle a alterné les placements dans la salle du Bras d’or à Aubagne pour qu’aucun des participants - et ils étaient bien plus de 500 - n’ignore son message. Elle a évidemment été entendue. Par tous les maires et élus des communes du territoire, par les syndicalistes, par les citoyens, ex ou futurs patients, tous arborant cet autocollant : « SOS hôpital d’Aubagne. Tous ensemble pour le sauver ».

Le refus de voir cet outil péricliter

« L’hôpital d’Aubagne n’est pas menacé dans son existence mais dans son fonctionnement et ses missions. Nous sommes ici pour exprimer notre refus colossal de voir cet outil péricliter, de se faire soigner dans des établissements privés ou dans des hôpitaux marseillais déjà surchargés », a attaqué Daniel Fontaine, maire (PCF) d’Aubagne et président du conseil d’administration de l’hôpital Edmond-Garcin. Ce centre hospitalier général, né au début des années soixante-dix, rayonne sur un territoire - est du département des Bouches-du-Rhône et ouest varois - où vivent 180 000 personnes.

Jeudi prochain, un plan de « redressement » sera soumis au vote du conseil d’administration : suppression de quinze lits en chirurgie, remise en cause du plan formation des personnels et des acquis. Des restrictions, encore des restrictions, jusqu’à l’absurde. « La bouteille d’eau jusqu’alors gratuite pour les personnes hospitalisées va devenir payante », indique Béatrice Portello, responsable CGT de l’hôpital. « Pour certains, la santé est un marché à prendre. Dans la région, 23 hôpitaux sont menacés de restrictions. À Aix, des menaces pèsent sur l’hôpital public alors qu’une clinique privée va ouvrir 368 lits », a enchaîné Nadia Adjemout, de l’union locale CGT.

« Si on commence à céder, on est morts. » Le conseil est d’Alain Fauconnier, maire de Saint-Affrique, ville aveyronnaise qui a sauvé son hôpital en 2003. Joint par téléphone, il a ajouté : « C’est un combat juste qu’on ne peut arrêter lorsque les gens se mobilisent. J’étais à Carhaix, il y a trois semaines, ils étaient un peu désespérés. Et puis… »

À Aubagne, personne n’a l’intention de céder. « Nous refusons de considérer la santé comme une marchandise et le malade comme un coupable », a lancé Josiane Royère, conseillère municipale (Modem) d’Aubagne en charge de la santé. Au nom des onze maires de la communauté d’agglomération du pays d’Aubagne qu’il préside, Alain Belviso (PCF) a considéré que « cette attaque contre l’hôpital est une pièce de l’attaque contre notre territoire, avec la RGPP. C’est la cohésion sociale de notre territoire qui est attaquée ».

Appel à manifester, jeudi à 15 heures

À l’issue de cette réunion, plusieurs décisions ont été prises : création d’un comité de défense de l’hôpital d’Aubagne, adhésion à la coordination nationale de défense de l’hôpital public et un appel à manifester, jeudi à 15 heures, face à l’établissement aubagnais. À cette même heure commencera le conseil d’administration. Daniel Fontaine a déjà fait part de sa décision : « Nous ne voterons pas le plan de redressement. »

Christophe Deroubaix

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Tag(s) : #Santé
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