Actus humanite.fr 24-06-2008
Assurance-maladie : payer plus pour être moins bien soigné

Le directeur de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie souhaite opérer de nouvelles économies.
Après l’instauration des franchises médicales, les hôpitaux et la prise en charge à 100% des affections de longue durée (ALD) comme le cancer ou le diabète sont maintenant dans le collimateur.
L’assurance maladie proposera jeudi un plan de redressement de 3,2 milliards d’euros en 2009 comportant notamment une réforme de la prise en charge des maladies de longue durée.
De "nouvelles économies"
Le gouvernement veut atteindre l’équilibre financier pour l’assurance maladie en 2011, mais quel en sera le coût humain ?
L’objectif des hautes instances de l’assurance maladie est donc de ramener le déficit de 4,1 milliards d’euros cette année à 2,8 milliards en 2009.
Interrogé par Les Echos, Frédéric Van Roekeghem, le directeur de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam), appelle à "opérer un redressement de l’ordre de 3,2 milliards d’euros".
L’essentiel (2 milliards d’euros) devra provenir de nouvelles économies avec une baisse des prix des médicaments et une meilleure maîtrise des prescriptions.
L’"efficience des hôpitaux sera aussi recherchée", la moitié des dépenses les concernant. C’est la poursuite de la carte hospitalière avec toutes les réductions de moyens médicalisés pour de nombreuses régions de France.
Déremboursements massifs
La prise en charge à 100% des affections de longue durée (ALD) comme le cancer ou le diabète, dont bénéficient actuellement 8 millions de malades devrait être réservée "aux pathologies qui sont véritablement longues et coûteuses", ce qui n’est notamment pas le cas des personnes souffrant d’hypertension artérielle ou de certains diabètes.
De plus, les ALD ne seraient remboursés par l’assurance maladie qu’à 35% au lieu de 100% actuellement, les organismes complémentaires (mutuelles, assurance, etc) prenant alors en charge la différence (65%).
Après avoir mis en place les franchises médicales et de nombreux déremboursements pour l’ensemble des malades, ce serait maintenant les patients atteints d’affections de longue durée qui seraient visés par les mesures d’économie. Autant dire que le nouveau slogan de ce gouvernement est : payer plus pour être moins bien soigné.
Cependant le ministre du Budget et des Comptes Publics, Eric Woerth, a assuré ce matin sur France Culture que le remboursement à 100% des ALD n’était "nullement remis en cause". "Ce n’est pas un plan, mais des propositions de l’assurance maladie", a ajouté le ministre.
Cette déclaration n’empêche pas l’assurance-maladie de plus accorder 100% de remboursement pour les ALD…
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)