lundi 23 juin 2008
Fillon vient de tenir un discours sur le pouvoir d’achat où il est chargé par ses maitres, Parisot et Sarkozy, de vanter les mérites de la présidence du pouvoir d’achat.
Il est bon de rappeler quelques notions marxistes concernant le prix de la force de travail et je conseille à tous de relire salaire- prix-profits.
Quelques extraits pour nous mettre en haleine :
• FLUCTUATIONS DU SALAIRE (Marx)
Elles sont provoquées :
1. Par les changements de mode.
2. Par les changements de saison.
3. Par les fluctuations du commerce.
En cas de crise : (Nous y sommes)
a. L’ouvrier réduira ses dépenses ou, pour augmenter sa productivité, il travaillera un plus grand nombre d’heures, ou il produira davantage dans le même temps. Mais comme leur salaire est réduit, du fait que la demande du produit qu’ils fabriquent a baissé, ils augmentent encore le rapport défavorable entre l’offre et la demande et le bourgeois dit alors : Si seulement les gens voulaient travailler. Du fait de leur surmenage, leur salaire s’abaisse donc encore davantage.
b. Au cours de la crise :
Absence complète d’occupation. Réduction du salaire. Maintien du salaire et diminution du nombre des jours de travail.
c. Dans toutes les crises, le mouvement cyclique suivant en ce qui concerne les ouvriers :
L’employeur ne peut employer les ouvriers parce qu’il ne peut pas vendre son produit. Il ne peut vendre son produit parce qu’il n’a pas de preneurs. Il n’a pas de preneurs parce que les
ouvriers n’ont rien à échanger que leur travail, et c’est précisément à cause de cela qu’ils ne peuvent échanger leur travail.
d. Lorsqu’on parle de hausse du salaire, il est à remarquer qu’il faut toujours avoir en vue le marché mondial et que la hausse du salaire n’est acquise qu’au prix que dans d’autres pays des ouvriers soient privés de pain.
Et nous apprenons par la presse ce matin :
Le salaire mensuel de base (SMB) a augmenté de 1,1 % au premier trimestre 2008 et de 2,7 % sur un an... Soit une perte de pouvoir d’achat de 0,4 point : en effet, dans le même
temps, l’inflation a atteint 3,1 %. Autre enseignement de l’enquête du ministère de l’Emploi, le temps partiel et les contrats à durée déterminée (CDD) gagnent du
terrain.
En même temps, Fillon, l’ami du capital, vient de décider avec le publiciste Thiery Saussez de lancer une grande campagne à la télévision concernant le pouvoir d’achat.
Il faut faire des heures supplémentaires si l’on veut améliorer son pouvoir d’achat.
Il faut acheter une maison pour avoir des détaxations.
Et bien d’autres choses encore…
Le travailler plus et plus longtemps et pourquoi pas quelques jours avant de pénétrer dans la tombe.
Bientôt on nous dira que pour améliorer le pouvoir d’achat, au lieu de mettre de la confiture sur les tartines, il faudra se contenter que de la margarine ou de pain sec et c’est pire pour certains travailleurs qui restent sur le carreau.
Le pouvoir d’achat est une notion fausse et chacun peut s’en rendre compte quand il fait ses courses et qu’il voit les augmentations considérables des produits alimentaires, de l’essence, des loyers etc.…. Marx ne l’emploie pas le mot pouvoir d’achat, et pour cause, ce qui compte pour lui, c’est le prix de la force de travail qu’est le salaire et c’est ce salaire que Sarkozy et Fillon, tous les jours sont complices du patronat qui le réduit en mettant en concurrence les salariés pour le réduire et pour le remplacer par des primes aléatoires
Président du Pouvoir d’achat ! Vous rigolez Fillon, Saussaie et compagnie ; le vôtre ? Celui-là ne risque pas de faiblir !
De quel pouvoir d’achat parle-t-on quand le salarié ne peut obtenir des revalorisations de son salaire et de sa qualification que sur les seuls critères de la méritocratie
Cette campagne lancée avec plusieurs millions de frais publicitaires est une arnaque comme l’est l’arnaque électorale du « travailler plus pour gagner plus ».
Qui est déterminant dans le prix de la force de travail ? C’est le salaire direct ou le salaire socialisé pour les retraités et les pensionnés.
Que faire alors ?
Il n’y a pas à se creuser les méninges !
Soit que le patronat a le rapport de force pour lui et il diminue les salaires.
Soit les salariés ont une claire vue que leurs revendications salariales sont de nature collective et alors ils créeront le rapport de force nécessaire pour améliorer leurs salaires de façon
substantielle.
Le salaire est la question principale qui nous oppose au capital.
Cette question ne peut attendre les élections de 2012 et les circonvolutions des politiciens de gauche.
La bataille idéologique qui va déferler de la part du patronat et du gouvernement pour illusionner les salariés autour d’un pouvoir d’achat est encore une manière de travestir la réalité ; celle de la poudre aux yeux et de jeter un voile sur le scandale des scandales : les revenus des patrons et des actionnaires raflent les plus values réalisées qui devraient aller aux salaires.
Alors, moi je pense que la première chose à faire c’est d’engager une lutte « tous ensemble » pour l’augmentation des salaires, des retraites et des allocations pour les sans emplois ou handicapés.
A quand cette action de toutes les organisations syndicales !
Collectif Bellaciao
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