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TOUT LE MIDI DEMEURE DÉTERMINÉ

D
e Montpellier àToulon, et malgré la division syndicale, les manifestationscontre les plans gouvernementaux ont rassemblé.

 

Evidemment, le sud de la France a connu le même phénomène que l’ensemble du pays. L’absence de FO, l’Unsa ou encore de la CFTC dans cette journée d’actions aura été préjudiciable à une mobilisation plus forte que le 22 mai. Pour autant, les manifestations organisées dans le midi de la France ont tout à la fois marqué ras le bol des populations et leur détermination.

Dans les Alpes de Haute Provence, l’appel de la CGT, CFDT, Solidaires et FSU à une nouvelle journée d’actions n’a pas connu un énorme retentissement.
L’absence de certaines organisations syndicales et la multiplication des journées d’actions, dans un contexte de pouvoir d’achat en berne, ne sont sans doute pas favorables à une plus forte mobilisation. Les salariés Arkéma, les hospitaliers, les impôts, enseignants, retraités, mais aussi le PCF… composaient le cortège qui devait s’ébranler de la place du général De Gaulle sous les mêmes slogans revendicatifs contre le projet cher à Nicolas Sarkozy et Fillon : la révision générale des politiques publiques (RGPP). Des salariés de plus en plus nombreux à boucler difficilement leur fin de mois, à se soigner (déremboursement de médicaments), à faire le plein de leur réservoir (hausse du carburant)… Si l’on ajoute au pouvoir d’achat en berne, la conviction, le droit à la retraite qui s’éloigne chaque année un peu plus et les 35 heures qui risquent fort d’être occises sur l’autel du modernisme, la coupe déborde…

A Avignon, Une pluie battante n’a pas arrêté hier matin la détermination de quelque 5 000 manifestants selon les organisations syndicales Regroupé devant la gare centre, le cortège s’est dirigé - tout comme le 22 mai - vers la nouvelle préfecture, haut lieu symbole de l’État. Derrière la banderole unitaire CGT, CFDT et FSU, les manifestants ont donc emprunté le tour des remparts. « Augmentation des salaires, maintien des 35 heures, des retraites de haut niveau pour tous, public et privé », des revendications claires et précises. Au fil du cortège coloré, beaucoup d’autres banderoles sont brandies comme celles - pour la CGT - d’EDF-GDF, du Conseil général, de l’Inra, du syndicat Filpac Valréas, de la CPAM Vaucluse « ensemble pour une sécu solidaire », des centres hospitaliers d’Avignon et de Montfavet, de l’union syndicale des retraités du Vaucluse et celle de L’Isle-sur-la-Sorgue, de l’union locale des syndicats de Vaison-la-Romaine et Malaucène… Et pour le privé, on observe celles de Continentale Nutrition, des Plâtres Lafarge de Mazan et de la SEPR Le Pontet :« Retraite anticipée pour tous les travaux pénibles ». Sans oublier la participation massive de Solidaires, de membres du RESF et des Partis socialiste et communiste.

Dans le Var 5 000 personnes à Toulon - selon les syndicats - et 300 à Draguignan : manifestement, la journée d’hier relayée par la CGT, la CFDT et la FSU a beaucoup moins mobilisé que les 15 et 22 mai dernier. Peut-être parce que ce 17 juin était une date un peu tardive dans la continuité du mouvement social, comme le faisait remarquer une salariée. Ceci dit, vu du boulevard de Strasbourg, le cortège montrait encore la détermination des salariés du public, du privé mais aussi des retraités à défendre leurs droits.
Sylvain Brossaud, secrétaire général de la CGT, l’a rappelé dans son discours devant la mairie de Toulon : « Des luttes multiples se développent dans de nombreux secteurs professionnels. Elles prennent racine dans le mécontentement grandissant des salariés du public comme du privé contre la politique de régression sociale menée de concert par Sarkozy, son gouvernement et le Medef ». Car au-delà des réformes catastrophiques engagées par la droite sur les retraites ou la déréglementation du temps de travail, « c’est l’accès aux besoins essentiels qui est remis en cause ». Pour Sylvain Brossaud, « ce 17 juin est une étape » dans la mobilisation. Le mouvement, lui, doit désormais s’inscrire dans la durée ».

Dans l’Hérault, ils étaient un peu plus de 3000 à battre le pavé montpelliérain, hier après-midi. Dans leurs rangs, des agents d’EDF et GDF, des salariés du commerce, des aides à domicile, des enseignants, des chercheurs, des retraités, des métallos, des personnels hospitaliers, des cheminots et des agents des impôts, entre autres… Deux grandes satisfactions pour les organisations syndicales qui espéraient, jusqu’à la pluie tenace d’hier matin, dépasser la mobilisation du 22 mai dernier qui avait rassemblé 9000 personnes. « Les salariés sont une nouvelle fois massivement mobilisés », a conclu Jean-Marie Mao, un salarié d’IBM en grève, à l’occasion de la prise de parole unitaire qui a conclu ce défilé. Engagée sous un lourd ciel gris avant que le soleil ne refasse surface, cette manifestation a cependant été conduite tout du long avec une détermination sensible, en musique et en slogans : « Le Medef il veut qu’on bosse, il veut nous sucer jusqu’à l’os, Sarkozy…au-ssi ! ». « On aurait pu être plus nombreux, mais on sent que les gens sont-là, motivés, a estimé François Got, le secrétaire départemental de la FSU, à l’issue du défilé. Beaucoup de corporations sont sorties, ce qui signifie que les ripostes peuvent se prolonger : le rendez-vous est pris pour la rentrée ».

A Nîmes, les quelque 3000 manifestants (encore trop peu ?) ont pris le taureau par les cornes. Ce fameux Taureau, sur l’avenue Jean-Jaurès, n’a pas été choisi au hasard comme point de départ d’un long cortège, certes moins impressionnant que le 22 mai dernier.
Et quand le nom de Sarkozy est scandé, nombreux sont les travailleurs qui réclament bien plus que deux oreilles. Dans un Gard frappé par les désindustrialisations et les bas salaires, la précarité fait partie du pain quotidien. Le « pas » pouvoir d’achat frappe une majorité de familles. Le démantèlement du service public s’opère à grands pas… même le soleil, seul artifice, pâlit en ce mois de juin. Après un passage en préfecture, c’est bel et bien à la permanence de l’UMP nîmoise que s’est disloquée la perceptible révolte, non sans avoir décoré, sans le moindre débordement, la vitrine des libéraux. Image de deux peuples que tout oppose, comme séparés par un fossé qui creuse chaque jour un peu plus les inégalités. Avec en son sein plusieurs enseignes du privé comme Perrier ou encore Merlin Gerin, sans oublier le personnel d’une Base aéronavale de Nîmes Garons en sursis, la manifestation nîmoise a, au moins, réussi le pari de fédérer. Un peu à l’image de la capitale cévenole où ils étaient environ 900, hier matin, dans les rues d’Alès.

Marseille, la rebelle, a encore prouvé sa détermination à ne pas subir.
A l’appel des organisations syndicales CGT, CFDT, FSU et Solidaires près de 60 000 personnes, selon les organisateurs, salariés du privé et du public ont porté leurs revendications haut et fort dans la rue. Si la durée des cotisations et le temps de travail étaient au cœur de la manifestation, chaque secteur est lourd de conflits sociaux. En tête de cortège, les agents CGT du PAM et les dockers en lutte depuis plusieurs semaines contre la réforme des ports autonomes qui doit être votée aujourd’hui.
Une présence importante des salariés du privé : bâtiment, Eurocopter, ST microelectronics, Ascométal, Net cacao, etc., souligne l’urgence « d’un mouvement de contestation fort pour faire front contre le gouvernement. Il y a un problème de fond de démocratie, de dialogue social. Une rupture avec le Conseil national de la Résistance », indique Philippe Jourdan, secrétaire général départemental CGT des centres de tri. « Tout le monde est attaqué, assène Florimond Guimard de la FSU. On précarise une société à qui il sera plus difficile de revendiquer. On met en place un système de classe dirigeante pour garder le pouvoir. Une société de précarité se développe et non plus une société solidaire. »
A propos des retraites, Gilbert Benhamou, secrétaire général adjoint CGT EDF-GDF déclare : « Le gouvernement nous force à ne voir que les dépenses. Il nous empêche de voir le problème des financements. Pourquoi ne pas créer des taxes sur les stocks options. »
Reportage Marielle Valmalette, Paule Bounat,
Bianca Fayeton, Nicolas Ethève, Fabrice Rougié,
Patricia Maille-Caire

Coordination Michel Allione.
Photos DR
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Tag(s) : #Politique
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