Douze ans après sa première mention dans le rapport de l'architecte urbaniste Chiappero, le dossier sort donc par la petite porte, et l'ancienne municipalité, en charge de l'instruire, priée de faire profil bas devant le « désastre constaté ».
Projet mal ficelé
Simple volonté d'explication pour l'équipe en place, procès à charge pour les sortants... L'historique des procédures et des décisions, présenté sous forme de diapositives, a montré une longue série de manquements dans la conduite des opérations. Entre autres, avis de l'architecte des Bâtiments de France non sollicité, mission de contrôle technique incomplète, étude de circulation non faite. Et, surtout, ignorance de la loi Bouchardeau qui impose un nombre et un ordre des choses précis - concertation, études d'impact puis enquête publique. « Des ratés si préoccupants que l'équipe précédente, en situation de relancer les travaux en janvier dernier, a préféré n'en rien faire et maintenir le projet en attente », a souligné le premier magistrat, invitant la salle à s'exprimer très librement, avant toute décision définitive.
Sur ces points techniques précis, aucune explication des anciens responsables. Jean-Pierre Guercin, Jean-Michel Rousseaux étaient
absents avant-hier. Seuls Véronique Delfau, Annie Giusti, Andrée Barbier ou encore Basile Eliezer étaient là pour porter la défense. Et quelle meilleure défense que l'attaque ? «
Expliquez-nous quels sont les tenants et les aboutissants de votre position », a interrogé Annie Giusti, s'adressant bien sûr au maire, favorable au projet dès l'origine et jusqu'il y
a peu. Réplique nette et sèche de l'intéressé, traité de "girouette" (c'est lui qui le dit) : « Regardez-moi dans les yeux et dites-moi quelle opinion du projet vous aviez quand vous êtes
venus me voir dans mon bureau avec Jean-Michel Rousseaux, il y a quelques semaines ? ». Andrée Barbier a bien tenté de lancer l'idée d'un référendum, prétextant que la salle n'était pas
représentative de l'ensemble des 16 000 habitants, mais personne dans l'assemblée n'a repêché la proposition. Ni d'ailleurs exprimé un quelconque avis favorable à la poursuite du dossier qui,
addition faite, se monterait quand même à quelque 5,78 millions d'euros. L'animateur de la soirée a bien tenté un appel au peuple mais rien n'y a fait. Des Brignolais « pour », il n'y en avait
peut-être pas dans la salle. Ou ils sont restés silencieux. Ceux qui ont pris la parole, avant-hier, étaient pour beaucoup des opposants de toujours, connus et déjà entendus ; moins nombreux
étaient les Brignolais, sans étiquette et sans représentation, à lever le doigt pour exprimer leur sentiment de citoyen. Un peu dommage mais l'occasion était donnée, et c'est bien l'ambition de
cette réunion, conformément à l'engagement pris pendant la campagne électorale.
http://www.varmatin.com/ra/brignoles/130593/brignoles-pont-sur-le-caramy-les-elus-abandonnent-le-projet
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