Une machine de guerre contre les services publics
Communiqué du Parti Communiste Français
Nicolas Sarkozy et François Fillon ont lancé la Révision générale des politiques publiques (RGPP) avec un mot d’ordre, la modernisation des politiques publiques, et avec une réalité, un immense retour en arrière en matière de qualité de services publics et d’emploi dans l’administration.
La RGPP, c’est d’abord une purge contre l’emploi (35 000 emplois de fonctionnaires en moins en 2009, 105 000 sur les trois prochaines années). Et c’est surtout le pari perdu d’avance d’un Etat-manchot, sans capacité d’intervention et de contrôle. C’est le pari perdu d’avance d’un Etat paralysé au moment même où les ravages des politiques de déréglementation financière et de retrait de l’Etat de la sphère économique sautent aux yeux.
Ce choix de l’impuissance publique, c’est le projet emblématique de fusion des administrations des Impôts et de la Comptabilité publique (Trésoreries). C’est un plan social de plus de 70 000 emplois sur 130 000. C’est un coup contre l’emploi local avec la disparition de nombreux centres des impôts et de trésoreries. Et c’est une porte ouverte pour la croissance des profits financiers des entreprises et l’accumulation de fortunes.
Au moment même où montent dans notre peuple la revendication de sécurisation des parcours professionnels et le rejet de toutes les formes de souffrance au travail, la RGPP sonne aussi comme un curieux retour en arrière fait de précarité, d’arbitraire, de pressions insupportables faites sur les fonctionnaires : c’est le sens du projet de loi sur la mobilité et le parcours professionnels des fonctionnaires, avec ses dispositifs de départ volontaire et plus grave de licenciements secs.
En faisant le choix de l’alignement sur le pacte de stabilité européen, en cherchant à s’attirer les grâces de la toute puissante BCE, en optant pour une déréglementation à tout crin, c’est bien le cœur du pacte républicain qu’attaque le gouvernement.
Aussi, le parti communiste français adresse son soutien sans réserve aux luttes revendicatives en cours parmi les fonctionnaires mais au-delà dans l’ensemble de notre peuple. Et il réaffirme ses propositions visant à garantir et moderniser un service public apte à répondre à l’urgence d’un type nouveau de démocratie et de développement social.
Parti communiste français
Paris, le 5 juin 2008.
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