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Europe
Union pour la Méditerranée

jeudi 5 juin 2008

Déclaration de Francis Wurtz, Président du groupe GUE/NGL :

Les enjeux de la relation de l’Europe aux peuples de la rive sud de la Méditerranée dépassent de loin ceux d’un simple "voisinage". C’est peut-être l’avenir de la paix qui se joue dans cette zone de fracture par excellence. Les raisons en sautent aux yeux !

D’abord, le déséquilibre économique. 13 ans après le lancement du processus de Barcelone, non seulement la "prospérité partagée" promise n’est pas au rendez-vous, mais les écarts se sont accentués. De fait, l’obsession du libre-échange a prévalu sur l’objectif du développement. Pour réussir demain ce qui a échoué hier, un changement d’orientation s’impose. Je ne le vois pas.

Deuxième problème : Le traitement humiliant des migrants. La population de ces nations est très jeune. Elle veut vivre et se voit sans avenir. Tout étant profondément attachés à leur terre, à leur culture, à l’histoire de leur civilisation, aux apports si prestigieux - n’en déplaise à M. Berlusconi - beaucoup tournent leurs regards vers l’Europe. Et ils voient leurs frères émigrés subir les affronts que l’on sait : de la chasse au faciès aux discriminations, des centres de rétention au refoulement. A cet égard aussi, le fossé s’est dramatiquement creusé. Parler de dialogue des cultures et de rapprochement des peuples sans rupture avec ces pratiques n’a tout simplement aucune crédibilité.

Enfin, Il y a l’inertie de l’Europe vis à vis du problème palestinien. On me rétorquera que l’Union et ses Etats-membres sont les premiers donateurs pour la Palestine. C’est vrai et c’est bien. Mais tout observateur confirmera - comme vient de le faire l’ensemble de la délégation de notre Parlement qui rentre tout juste du Proche Orient - que sans un engagement européen résolu sur le terrain politique, cette aide ne résoudra rien sur le fond.

Dit autrement, ce qu’on attend de l’Europe, au sud de la Méditerranée à ce propos, c’est qu’elle surmonte enfin ce que l’ancien représentant du secrétaire général des Nations unies, M. de Soto appela fort justement "l’autocensure" à l’égard d’Israël concernant la violation permanente du droit international comme de ses propres engagements. Israël doit comprendre - et c’est le devoir de l’Union d’y contribuer - que la normalisation de ses relations avec toute la région a un prix. Et ce prix, c’est ni plus ni moins que ce que rappellent l’initiative de paix de la Ligue arabe, la Roadmap du Quartet, la Déclaration d’Annapolis à savoir la fin de l’occupation et de la barbarie qu’elle entraine, et la reconnaissance de l’Etat palestinien dans les frontières de 1967.

L’attitude européenne sur cette question, voilà peut-être le critère décisif du succès ou de l’échec de toute tentative de relance du partenariat euro-méditerranéen. Ce serait donc bien que le Conseil d’association Union européenne -Israël du 16 juin prochain prenne ce fait crucial sérieusement en considération, lorsqu’il examinera la demande israélienne d’un rehaussement ("upgrading") du statut de son partenariat avec l’Union !

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Tag(s) : #Europe
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