2010 : année clé pour la Sécu et les retraites
« On a appris que le pouvoir d’achat avait progressé, c’était donc intéressant de venir », commentait ironiquement le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, hier, à l’issue
de la présentation des vœux présidentiels aux partenaires sociaux. Hormis cette affirmation des plus sujettes à caution selon laquelle, « tout au long de la crise, le pouvoir d’achat des
Français a continué de progresser », le discours de Nicolas Sarkozy n’a réservé aucune surprise. Outre la lutte contre le chômage, 2010 sera marquée par deux rendez-vous cruciaux :
une nouvelle réforme des retraites, incluant « naturellement la question de la pénibilité », et la prise en compte du « 5e risque social », c’est-à-dire la prise en charge
de la dépendance des personnes âgées. Le calendrier en sera fixé le 15 février, lors d’une réunion d’agenda social. À quelques semaines des élections régionales, le chef de l’État s’est bien
gardé de dévoiler ses intentions précises en matière de protection sociale. « On aura le problème immense de notre protection sociale face au défi du vieillissement, ce défi est d’autant
plus grand que la crise met à mal nos finances sociales », a-t-il noté.
Pour le reste, Nicolas Sarkozy s’est décerné une série de satisfecit pour des réformes « essentielles »
imposées en 2009 (Pôle emploi, RSA, chômage partiel…). Dans la même veine, il s’est employé à flatter les syndicats pour leur « sens des responsabilités », qui, en 2009, a permis,
selon lui, d’entretenir un niveau de dialogue social « fréquent » et « dense », à l’en croire inégalé dans l’histoire sociale du pays. Le président est même allé jusqu’à
feindre de défendre les responsables syndicaux, accusés d’être trop conciliants avec le gouvernement, « des balivernes ! » a-t-il lancé. Pas sûr que cela suffise à faire avaler
les pilules des futures réformes, telle la mise à bas de la retraite à soixante ans.
Yves Housson
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