Politique
Une machine de guerre contre la fonction publique
Ils sont une vingtaine, militants et sympathisants travaillant dans les ministères, réunis à l’initiative de la Fédération parisienne du Parti communiste pour une rencontre sur la RGPP, la révision générale des politiques publiques engagée depuis le 10 juillet 2007 par Nicolas Sarkozy. L’objet de leur débat : confronter la mise en oeuvre de la réforme dans chacun de leur ministère, en dégager la cohérence et réfléchir aux enjeux politiques de cette « réforme ».
Cadre au ministère des Finances, Michel dénonce les « deux volets de la RGPP ». D’abord le volet budgétaire. « On est enfermé dans le cadre européen qui limite de façon précise l’endettement public et les déficits publics ». Il s’agit, sous couvert de « modernisation », de « simplification » et de « rationalisation » de la fonction publique, d’opérer « une réduction drastique des services de l’État et des moyens humains ». La fusion de l’administration des impôts et des trésoreries est emblématique de cette réforme de l’État. Elle va conduire à une suppression massive d’emplois, plus de la moitié des 130 000 fonctionnaires des finances,et ne permettra plus d’assurer ses missions : le maillage territorial et le contrôle fiscal des entreprises et des contribuables fortunés sont particulièrement menacés. Second volet l’attaque contre le statut sous prétexte d’améliorer la « mobilité » des salariés. En réalité, il s’agit de rendre possible « un plan social inégalé ».
Syndicaliste au ministère de la Culture, Georges contes- te les arguments utilisés pour « supprimer des directions et des services du ministère ». « On n’est pas dans un contexte de modernisation, explique-t-il. S’il s’agissait d’évaluer les politiques publiques, je dirais d’accord ! Mettons-nous d’accord sur des critères et des indicateurs ». Il affirme que pour la droite, « il n’est pas normal que les politiques culturelles soient portées par le public, il faut privatiser et externaliser ». Même constat au ministère des Affaires sociales où Isabelle dénonce « le découpage en morceaux du ministère » pour affaiblir les politiques sociales, « la casse de l’échelon départemental pour déléguer les compétences aux conseils géné- raux », et la constitution « d’agence régionale de santé », démarche de privatisation vers les associations.
Pour Roland, militant syndical, il s’agit « d’une rupture de société : pas seulement la casse des statuts, mais une nouvelle conception du service public qui concerne aussi les collectivités locales ». Il rapproche les attaques contre le statut de la fonction publique de celles contre le Code du travail : « Une disparition des garanties collectives ». D’accord sur le constat, les communistes des ministères sont décidés à contribuer au rassemblement face à « la machine de guerre contre les services publics » qu’est la RGPP. Mais aussi à élaborer, dans le débat public, des « alternatives pour une fonction publique rénovée ». Avec un premier rendez-vous pour un débat à la Fête de l’Humanité.
Olivier Mayer
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