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LES SALARIÉS DU SUD MASSIVEMENT PRÉSENTS DANS LES MANIFESTATIONS !

D
es manifestations ont eu lieu hier dans tous les départements du Sud. Nos journalistes ont constaté partout une forte participation des salariés du privé. Reportages.
A Marseille, 90 000 manifestants ont défilé hier matin dans les rues de la cité phocéenne. A l’appel de la CGT, la CFDT, la FSU, l’Unsa, Solidaires et l’UNL, 60 000 personnes ont défilé du Vieux Port à Périer. Un cortège principal emmené par l’ensemble des professions touchées par la réforme portuaire, les agents du port autonome de Marseille, dockers de Marseille et de Fos, cheminots, salariés de la réparation navale, marins et sédentaires de la SNCM et de la Compagnie méridionale de navigation (CMN), électriciens et gaziers d’EDF et GDF, qui s’étaient réunis avant le défilé sur la place de Joliette pour réaffirmer leur opposition au texte voté au Sénat. C’est d’ailleurs un « couloir d’honneur » qui a salué leur arrivée lorsqu’ils ont rejoint le gros des troupes sur le bas de la Canebière.
Au sein du cortège, on notait la présence de délégations de salariés de la RTM, des postiers des Bouches-du-Rhône, de l’Education nationale, de la Santé ou de la Sécurité sociale. Le privé était aussi représenté avec les salariés du complexe pétrochimique de Lavéra, d’Eurocopter, de la construction, du secteur des banques et assurances et du commerce. Une manifestation où, outre le refus de l’allongement de la durée de cotisation, des revendications sur les salaires, la défense de la sécurité sociale, des services publics et le refus du travail du dimanche étaient également de la partie.
Un autre défilé réunissant FO, avec en tête les fonctionnaires territoriaux de la Ville de Marseille, la CFTC et la CFE-CGC, avait aussi été organisé de la vieille bourse du travail à la préfecture, autour de mots d’ordre ciblés sur la défense des retraites et l’opposition des personnels de la ville (crèches et cantines scolaires notamment) au servcie minimum. Un deuxième défilé qui, selon ses organsiateurs, a rassemblé 30 000 personnes.

Dans l’Hérault, public, privé, jeunes,

Actifs, retraités, le vent de la contestation a soufflé fort hier. Outre des rassemblements à Sète et Béziers dans la matinée, ils étaient environ 9 000, venus de tout le département, à défiler hier après-midi dans les rues de Montpellier. Plus fort encore que la semaine précédente, qui portait à 6 000 le compteur des arpenteurs de pavé. Un cri des cœurs pour sauver les retraites dans une unité syndicale au beau fixe : CGT, CFDT, FO, Unsa, Snes-FSU, Sud-Solidaires, CGFE-CGC, CFTC, CNT.
Derrière une banderole unitaire « Public-privé : emploi, salaires, retraites, tous ensemble ! », les manifestants se sont succédé par vagues de couleur, chacun dans sa catégorie socioprofessionnelle : cheminots (en grève à 50% à Montpellier), employés de la TaM (Transports de l’agglomération de Montpellier, en grève à 90%) agents EDF, agents des impôts, territoriaux, hospitaliers, enseignants, retraités...
Les salariés du privé se sont également distingués par leur nombre plus élevé que de coutume (Capgémini, IBM, ouvriers du livre de Midi Libre, Auchan…), preuve que la frontière entre public et privé est perméable s’agissant des coups portés aux retraites et au porte-monnaie. « Cette fois, je sens que ça prend en grand, commente un manifestant. Ils ont eu beau appliquer la technique du diviser pour régner, ils ont fini par faire mal à tout le monde, et ça, ça rapproche. »

Avignon : mobilisation à la hausse

A Avignon, plus de 6000 personnes, selon les organisations syndicales, ont participé hier à la manifestation pour la défense des retraites.
Empruntant un parcours inhabituel, de la gare centre jusqu’à la nouvelle préfecture (ancienne caserne Chabran), le cortège s’est ébranlé vers 10h30. Les forces de l’ordre ont du bloquer les accès routiers conduisant aux remparts ainsi que les portes de sortie d’une partie de l’intra-muros, provoquant ainsi une série d’embouteillages.
Les salariés du public et du privé ont ainsi répondu en nombre à l’appel lancé par les huit organisations syndicales (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FO, FSU, Unsa et Sud). Dans les rangs des manifestants, on notait également la présence de représentants de partis politiques de gauche ainsi que des membres de Greenpeace et du Réseau éducation sans frontière. Selon le secrétaire général de l’Union départementale CGT Gilles Fournel, « on dispose d’indications prometteuses sur le département ». Concernant les actions de grève, on comptait hier « trente entreprises du public et du privé. »
La mobilisation serait donc plus importante que le 15 mai dernier, selon Fred Laurent (CGT). « Avec 1500 lycéens parmi les participants, nous étions alors 5 000 dans les rues d’Avignon. Cette fois, ce sont les salariés et les retraités qui se sont mobilisés, les organisations lycéennes n’appelant pas à manifester. On note la présence importante de personnel du privé, tels ceux des platières, d’Eurenco ou encore de Liebig. Ce qui est une bonne chose », a-t-il conclu.

Var  :  500 à Draguignan, 15000 à Toulon

Il est des signes qui ne trompent pas et qui laissent présager d’une manifestation d’envergure. C’était le cas hier matin à Toulon lorsque, bien avant l’heure du rendez-vous fixé par les organisations syndicales, l’on avait déjà du mal à circuler sur la place de la Liberté. Tandis que différents drapeaux flottent au vent, témoins de l’unité syndicale qui prévaut en cette journée d’action, les délégations continuent d’affluer.
Avant que le cortège ne se mette en marche, le représentant CFDT réaffirmera, au nom de l’intersyndicale, le refus des salariés et des citoyens de voir anéantir le système de retraite. Et au-delà de ce seul dossier, il dénoncera « un contexte général qui vise à remettre en cause l’ensemble des acquis sociaux pour transformer la société au service de la finance ».
Quant aux lycéens, ils sont certes moins nombreux cette fois, mais ils sont tout de même là. Parce que, ainsi que l’exprime Thomas Roller (UNL), « nos revendications de départ sont toujours présentes » et que « c’est une politique d’ensemble que nous critiquons ».
Devant la préfecture, Sylvain Brossaud (CGT) lance : « Le gouvernement et les pouvoirs publics pariaient sur un essoufflement, vous venez d’apporter la meilleure des réponses ». Et d’annoncer le chiffre de 15.000 participants.
Un autre rassemblement avait lieu simultanément à Draguignan où l’on comptait 500 personnes. Soit autant que le 15 mai avec une différence quant à la composition du cortège. Si on notait une forte mobilisation du secteur de la Défense, on a également observé la présence de délégations du privé.

A Dignes, un peu désappointés

en regard du nombre de manifestants qui semblait moindre que celui du 15 mai, les responsables syndicaux se rassuraient au fur et à mesure que le cortège descendait le boulevard Gassendi à Digne-les-Bains. En effet, de véritables grappes humaines s’accrochaient, ne cessant de grossir les rangs… 1200 pour les uns, 1500 pour les autres, qu’importe, ce rassemblement était supérieur au précédent. Il n’en demeure pas moins que si les organisations syndicales arrivaient à se mettre d’accord sur une journée interprofessionnelle de tous les secteurs (publics et privés), l’efficacité du mouvement pèserait davantage sur le bras de fer entamé avec le gouvernement Sarkozy.
Compte tenu de la conjoncture délicate pour le pouvoir d’achat, faire grève deux journées dans le mois n’est plus dans les moyens de nombre de Français. Avec le grand soleil de la partie après ces derniers jours maussades et pluvieux, une ambiance estivale planait sur le cortège renforcé par des airs de samba, reggae…
Réunis sur une même revendication (le blocage à 40 années de cotisation afin de préserver un droit à la retraite) chacun le manifestait à sa façon. Pétards, trompettes, tambours, clochettes rythmaient la reprise des slogans entamait par la sono. Toutefois le côté festif d’apparence, n’enlevait rien à la détermination affichée des manifestants groupés sous leur bannière syndicale.
Le préfet du Gard qui en début de semaine avait un moment envisagé de refuser de recevoir une délégation selon une tradition républicaine pourtant bien établie n’a pas pu faire autrement qu’accueillir les représentants des syndicats hier à l’issue de la manifestation. La forte mobilisation départementale qui s’est exprimé dans les rues de Nîmes ne lui aurait de toutes façons pas laissé le choix. Plus de 6000 personnes avaient en effet répondu à l’appel de tous les syndicats, dans « l’unité totale » selon l’expression de leurs représentants. Si les principales revendications portaient bien entendu sur les retraites, les manifestants affichaient de nombreuses préoccupations quant à leur avenir. Enseignants, fonctionnaires des collectivités territoriales, agents hospitaliers, tous ont en tête les suppressions de postes, les réductions d’effectifs,… Mais si l’on devait caractériser cette manifestation nîmoise, l’adjectif « Jeune » serait très certainement le mot idoine. Pas seulement parce que étudiants, lycéens et quelques collégiens avaient pris joyeusement la tête du cortège mais aussi parce que dans ses rangs, l’âge moyen n’était pas celui de « vieux retraités » !
Agnès Masseï à Toulon, Amélie Goursaud à Montpellier,
Paule Bounat à Digne, Mathieu Gentile à Avignon,
Serge Peyrau à Marseille, Jean-Pierre Michel à Nîmes.
Photo Marie-Laure Thomas
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Tag(s) : #Politique
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