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DES APPELS A LA PELLE POUR NOUVELLE GAUCHE !  



de Michel GROS

À l’initiative du journal Politis, un nouvel appel d’offre est lancé pour offrir à une "Gauche (plus vraiment) de Gauche" des travaux de restauration qui donneraient enfin à cet insignifiant sous concept le luxe qu’il est en droit d’attendre. Les premiers signataires ne semblent pas être des inconnus de la science politique infuse, confuse, diffuse et qui s’use quand on l’abuse.

"Bis repetita placent", on prend les mêmes (agrémentés de quelques représentants de la société dite civile), certes sûrement ragaillardis par quelques méditations transcendantales post-municipales, et l’on recommence. Certains ne se parlaient plus. D’autres butinaient au hasard de philosophies (politiques) incertaines. Les uns ne sachant plus quel parti prendre, les autres ne sachant pas prendre parti.

"Maintenant (cela suffit), à Gauche (presque toute) !" semblent-ils désormais annoncer à la face alternative, cachée du monde.

Car cette nouvelle force de transformation sociale sera alternative ou ne sera pas, nous est-il scandé avec une puissance de conviction qui n’a rien à envier aux slogans les plus radicaux de mai 1968.

Pourtant ces nouveaux chefs d’un autre âge que celui des figures visibles sur la première page de Politis (d’un mai 2008 pleins de promesses commémoratives et d’anciens "combattants") ne laissent à aucun moment entendre que leur intention serait l’emprunte d’une négativité nécessaire (tarif dialectique minimum) à la mise à mal des conditions idéologiques dominantes.

Certes, l’on désespère suffisamment du monde tel qu’il semble être (capitaliste) pour lui espérer des jours meilleurs. Cela ne mange pas de pain, ni d’OGM disséminés et contre une mauvaise fortune, on peut sans trop de mal trouver à faire bon coeur, Messieurs Dames.

Malheureusement, la radicalisation de la critique semble avoir fui son camp naturel pour occuper le champ d’une révolution ultra conservatrice qui ne s’embarrasse ni de subtilité conceptuelle, ni de réserve à l’emploi de la violence. Pire, le camp naturel en question patauge dans des appréciations conceptuelles du monde qui frisent la cécité ou pire encore la mauvaise conscience.

À vouloir à tout prix se débarrasser des conceptualités critiques surgies concomitamment à celles du système capitaliste naissant parce qu’elles ont été maladroitement mises à l’épreuve dans le siècle de toutes les épreuves, cela altère le minimum de conscience historique nécessaire à la construction d’un présent qui ne soit pas la caricature donnée à voir par les acteurs patentés de la transformation sociale.

Ne le cachons plus à personne, dans cette opération c’est une traîtrise nouvelle qui cherche à effacer (comme le font ceux qu’elle prétend combattre) les hypothèses dont le monde à besoin et sans lequel il est insupportable.

Celle de la négation des conditions idéologiques dominantes qui se nomme "communisme", celle de sa voie qui se nomme « révolution » et de son but qui se nomme "socialisme".

Cannes, jeudi 15 mai 2008

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Tag(s) : #Politique
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