de Bernard LAMIRAND
Il faisait un temps superbe ce jour là comme aujourd’hui.
Un joli mois de Mai dans toute l’expression du terme.
Une grande journée de manifestation que ce 13 mai 1968.
Le lendemain, les occupations d’usines vont commencer et se multiplier et plus de 10 millions de grévistes vont réclamer leur dû au patronat et au pouvoir. Des centaines de milliers de travailleurs vont ainsi défiler dans les rues des grandes villes françaises.
Le monde du travail, après les manifestations étudiantes réprimées par le pouvoir Gaulliste, entrait en action.
Dans ce 13 mai 1968 pesait 10 ans d’un pouvoir autoritaire mis en place avec l’aide de colons et des généraux félons de l’OAS à Alger en 1958.
J’ai dû ingurgiter comme beaucoup de gens du peuple ces 10 ans de gaullisme ; d’abord comme étudiant, puis ouvrier jardinier dans une propriété bourgeoise calaisienne ou la famille De Gaulle avait ses quartiers, et ensuite ayant repris mes études et ayant obtenu un diplôme d’aide comptable, j’étais embauché successivement dans une usine textile calaisienne puis à Usinor Dunkerque où j’allais vivre l’occupation de mon entreprise comme syndiqué de la CGT.
10 ans de gaullisme avec une bourgeoisie féroce, qui pesait sur tout, et nous empêchait, nous les jeunes, de nous exprimer et de sortir de ce carcan hérité d’un cléricalisme désuet et d’un monde patronal paternaliste.
Ces 10 ans furent l’objet de nombreux combats de la jeunesse et en premier lieu pour mettre fin à cette ignoble guerre d’Algérie, dernier avatar d’un colonialisme raciste et xénophobe.
Je militais à cette époque à la jeunesse ouvrière catholique et nous combattions autant cette sale guerre et aussi pour le respect des jeunes au travail.
C’est à partir de là, que j’ai connu et découvert le syndicalisme et la lutte de classe.
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