Résister à la droite, faire du neuf à gauche
En mai 2007, au terme d’une élection qui a passionné les Français, Sarkozy est confortablement élu président de la République. Le coup de massue est d’autant plus rude que la droite est au pouvoir depuis cinq ans, que son bilan est rejeté par les Français et que le nouvel élu n’a pas masqué ses intentions de conduire un projet de droite plus décomplexé que jamais. Porté par les milieux d’affaires pour appliquer à marche forcée à la France un traitement ultralibéral de cheval, Sarkozy a été élu par les Français au nom du changement et tout a changé, en pire. l
9 mai 2008
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La cote présidentielle est au plus bas
Le piège présidentialiste va très vite se refermer sur le porte monnaie des Français et sur leurs libertés. Mai 2008, la cote sarkozyste est au plus bas après avoir régulièrement plongé depuis l’automne. Celle du premier ministre a résisté plus longtemps. Dans un premier temps c’est le style présidentiel qui a concentré le désaveu populaire. Aujourd’hui les deux courbes descendent en parallèle, signe que le fond de la politique mise en oeuvre est désormais clairement sur la sellette. Le changement d’ambiance est radical. Même s’il a beaucoup de mal à se contenir, le locataire de l’Elysée s’emploie en permanence à jouer à contre emploi, remballant son style m’as-tu-vu pour tenter de redonner de l’épaisseur à un rôle qu’il a dévalué à une vitesse record. Mais surtout dans le pays, aux craintes confirmées de ceux qui redoutaient son élection sont venues s’ajouter la désillusion, voire la colère de ceux qui se sont laissé prendre.
Partout, l’inquiétude...
L’inquiétude est partout perceptible. Ceux qui croyaient être mieux protégés face à la mondialisation par un candidat volontaire et arrogant se voient lâchés en rase campagne par un président aligné et atlantiste. Le pays est plongé dans une étrange atmosphère où chacun sait que Nicolas Sarkozy a encore quatre ans devant lui et se demande comment cela pourrait durer encore autant. Le gouvernement affiche son intention de ne pas tenir compte de mécontentements pourtant patents et de tailler sa route comme si de rien n’était.
...et maintenant les luttes
Dans des secteurs de plus en plus larges de la population grandit l’idée qu’il va falloir lui résister, se montrer de plus en plus combatifs pour ne pas le laisser faire, imposer d’autres choix. Sur l’école, avec les lycéens, les enseignants et les parents d’élèves, sur les retraites, les salaires, les sans-papiers... des mobilisations sont en cours. Le mois de mai s’annonce agité. D’autant que chaque jour alourdit le lot de menaces. Dernière en date, celle qui vise les chômeurs qui seraient tenus d’accepter au bout d’un an tout poste avec un salaire supérieur à leur allocation chômage. On imagine les dégâts quand on connaît le niveau des allocations au bout d’un an : des abattements conséquents en perspective sur la valeur du travail proposé. L’exact contraire de ce que le candidat Sarkozy avait brandi comme étendard.
Démasquer les mensonges
Le mensonge sarkozyste continue. Il doit être dénoncé, démasqué, empêché autant qu’il est nécessaire. Il faut aussi agir plus fort. Et personne n’a inventé mieux que l’action unie. Face aux pouvoirs récalcitrants, elle reste le plus convaincant des antidotes. C’est aux salariés, à la jeunesse d’en construire les bases solides, de les garantir dans la durée. Franchises, retraites, salaires, postes d’enseignants... Toutes les batailles sont gagnables. Rappelons nous ce qui a fait, il y a deux ans, la force du mouvement anti CPE. D’ores et déjà, les journées d’action du 15 mai dans la fonction publique et du 22 mai pour les retraites s’annoncent spectaculaire. Le mois de mai s’annonce agité.
Du neuf à gauche ?
Mais ce n’est pas tout. Parce qu’après le CPE, 2007 est passé par là. En effet, après une formidable mobilisation sociale, la gauche peu après a connu l’échec aux élections présidentielles. Alors ? Cet échec nous enseigne qu’il faut construire, sans attendre, du politiquement durable à gauche. Etre efficace contre la politique de Sarkozy, c’est mettre en débat les conditions d’un nouveau contrat politique de changement, dessiner, ensemble un projet de gauche de notre temps. Les communistes comptent bien s’y employer.
79% des Françaises et des françaises jugent que la politique du gouvernement n’a rien amélioré. Les communistes proposent d’adresser une lettre d’exigences à Nicolas Sarkozy.
Monsieur le Président
Ecoutez-nous !
Vous aviez dit « tout est possible » et votre politique depuis un an aggrave toutes les difficultés de la France. Et les nôtres.
Vous avez choisi de servir le MEDEF, les circuits financiers et vos amis notamment avec le « paquet fiscal ». Et pour cela vos « réformes » cassent tous les acquis construits par nos aînés, école publique, sécurité et protection sociales, hôpital, culture, code du travail... Vous êtes le Président du « travailler plus pour gagner moins ».
Ca ne peut pas durer comme ça ! Nous voulons une autre vie pour nous et nos enfants.
S’il faut la rupture, rompons avec la logique du tout pour le fric.
Un Président de la République en a la possibilité et les pouvoirs. Vous allez en juillet prochain devenir Président de l’Europe.
Sachez que nous ne nous tairons pas. Déjà, beaucoup d’entre nous manifestent nombreux contre les effets néfastes de vos choix. Nous voulons construire une alternative où l’humain soit au centre.
A retourner à : Monsieur le Président de la République – Palais de l’Elysée – 75000 Paris
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