La mobilisation contre les suppressions de postes dans le secondaire survivra-t-elle au départ en vacances des grévistes parisiens ? Trois cents élèves de Raynouard ont répondu par l'affirmative à cette question capitale en défilant, hier matin, dans les rues de Brignoles.
Après avoir renoncé à bloquer l'entrée de l'établissement, les manifestants se sont dirigés vers la mairie avant de se disperser devant la sous-préfecture.
Au-delà d'une simple prise de position contre les coupes budgétaires orchestrées par le ministre de l'Éducation nationale, les jeunes Brignolais se battent pour l'augmentation de la dotation horaire globale accordée à leur lycée par le rectorat.
« L'année prochaine, les options art plastique, danse et espagnol langue vivante 3 seront supprimées. Les cours de latin et grec regrouperont les classes de première et terminale et passeront de six à deux heures par semaine. Une terminale sciences et techniques sanitaires et sociales sera créée mais aucun moyen supplémentaire n'a été dégagé », s'insurge Vincent Anfonsi, le leader du mouvement.
Pour l'heure, la grogne ne perturbe pas outre mesure le déroulement des cours, mais les élèves s'inquiètent pour la rentrée 2008. Afin de combler le vide laissé par les suppressions de postes, les professeurs devraient se répartir une centaine d'heures supplémentaires, mais ces derniers refusent catégoriquement cette solution. « Si la situation ne bouge pas, la prochaine rentrée ne pourra pas se faire, car tous les cours ne seront pas assurés », confirme Nicole Giacomuzzo, représentante du Snes.
Une lettre sera adressée à Xavier Darcos
Une dizaine de professeurs solidaires fermaient le cortège avec l'objectif de défendre les enseignements dispensés dans leur lycée. « Certains élèves sont entrés en seconde avec l'idée de s'orienter vers des classes préparatoires littéraires. En appauvrissant les contenus, notamment celui des langues anciennes, nous leur fermons des portes. Tous n'auront pas les moyens de quitter la ville pour s'adapter », déplore un enseignant désabusé.
Les lycéens entendent maintenir la pression. L'idée est de continuer d'informer sur les besoins de leur établissement sans perturber les révisions du bac. La création d'un badge est actuellement à l'étude et de nouvelles actions sont programmées. Prochaine étape, la rédaction d'une lettre qui sera adressée directement à Xavier Darcos. L'occasion de militer en travaillant son expression écrite.
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