Franchises, forfaits : l’addition pour Mme K.
Victime d’un grave accident ayant entraîné une hémiplégie et une lourde invalidité, Mme K. recourt au système de soins davantage que la moyenne des assurés sociaux. Consultations de généraliste, de spécialistes, traitement pharmaceutique quotidien, soins de kinésithérapie réguliers… Mme K. bénéficie du régime des affections de longue durée (ALD) de l’assurance maladie, censé lui offrir une couverture à 100 %. Au nom de sa « responsabilisation » sur l’équilibre financier de la Sécu, cette patiente n’en est pas moins assujettie aux franchises médicales (0,50 euro par boîte de médicament et par acte paramédical), entrées en vigueur le 1er janvier 2008, et à la « participation forfaitaire » de 1 euro sur chaque acte médical, appliquée depuis deux ans. À partir des derniers relevés de remboursements reçus de la caisse d’assurance maladie, elle a fait le compte de ce que lui ont coûté ces prélèvements sur les mois de janvier, février et mars 2008 et nous a communiqué l’addition, sous couvert de l’anonymat :
- Forfaits sur actes médicaux : 8 euros.
- Franchises sur médicaments : 35 euros.
- Franchises sur actes de kiné : 10,50 euros.
Soit, en trois mois, une amputation de 53,50 euros pour une personne qui, pour tout revenu, a droit à l’allocation adulte handicapé de 628 euros.
L’an dernier, pour faire avaler la pilule de ces franchises, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, tout en assurant qu’elles serviraient à financer la lutte contre la maladie d’Alzheimer, avait osé : « Qui ne peut pas payer 4 euros par mois ? »
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