Claude Gilardo : l’agriculture malade du libéralisme
Le maire de Brignoles, Claude Gilardo, avait tenu à participer à l’assemblée générale de la FDSEA (fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) qui s’est tenue le 18 avril, dans le cadre de la Foire de Brignoles.
L’occasion pour le nouveau maire de faire entendre sa différence et son «engagement à promouvoir une agriculture qui cesse d’éliminer les petits exploitants et de dissuader les jeunes de s’installer, compte tenu des politiques successives mises en œuvre en France et dans les pays dits développés. »
A l’issue de cette réunion, il nous a résumé l’esprit de son intervention :« Cette tendance lourde est encore amplifiée dans un département comme le nôtre où la spéculation foncière contribue directement à la hausse des terres agricoles et à leur changement de destination car la vente s’avère plus rentable que l’exploitation et il y a de la demande. »
Une illustration : l’on a vu fleurir une bonne vingtaine de golfs en vingt ans, prétextes à de lourds programmes immobiliers. Une illustration qui s’ajoute à la demande très forte de logements et de résidences secondaires, très consommatrices d’espaces trop souvent pris sur des terres agricoles et contribuant à une pression foncière très sélective.
C’est ce que Claude Gilardo a souligné, indiquant que « la charte signée par la Chambre d’ Agriculture et le Conseil général visant à préserver les terres agricoles, tardait à s’appliquer et qu’il s’engageait à créer les conditions de sa mise en œuvre effective en s’appuyant sur les organisations professionnelles. »
Le maire a encore évoqué « le contexte international fort préoccupant ainsi que les politiques nationales d’inspiration libérale de ces trente dernières années favorisant une agriculture exportatrice, excédentaire aux effets désastreux comme l’illustrent les émeutes actuelles de la faim dans toute une série de pays et la hausse des produits alimentaires sous l’effet de la spéculation financière à grande échelle. »
Les consommateurs ne comprennent pas que les produits les plus élémentaires soient inaccessibles aux plus modestes, et en forte hausse, dans le même temps où les petits producteurs de proximité sont poussés à produire à perte, la grande distribution fixant les prix à sa convenance.
Ce qui a fait dire à Claude Gilardo que « si la crise est mondiale, elle est à mettre au compte du libéralisme effréné, synonyme de dérégulation des marchés ou encore de l’agressivité des lobbies semenciers et agrochimiques soutenus par les gouvernements, responsables des grandes tragédies alimentaires qui frappent les pays du Sud »
Il aurait voulu aborder la question des OMG et les grandes manœuvres du gouvernement pour vider de son sens l’amendement du député communiste Chassaigne pour que prévale le principe de précaution, un amendement pourtant adopté et que le groupe UMP a réussi à contourner et à faire remettre en cause au prix d’une cacophonie de plus…
Il aurait voulu aussi répondre à l’intervention du secrétaire national de la FNSEA qui avait réagi à ses propos sur les biocarburants, et qui avait estimé qu’on n’en était pas encore à choisir « entre manger et conduire » et que « la production des biocarburants n’occupait pas plus de 1% des surfaces agricoles… » et lui dire qu’ »il était grave –et ce n’est pas que symbolique- que l’on puisse privilégier l’alimentation des véhicules à partir de l’agriculture à celle de près d’un milliard d’êtres humains qui n’est toujours pas assurée ! Et qu’en France même, trop d’aliments de base sont devenus un luxe. » Ou encore parler de l’impact sur l’environnement des cultures intensives ou de la déforestation qui mutile d’énormes parties de continents…
Des préoccupations tout simplement…humaines et qui sont frappées au coin du bon sens. A son niveau, le maire et conseiller général de Brignoles entend agir, aux côtés des agriculteurs et de leurs organisations, en faveur notamment d’une agriculture familiale indispensable à la vie de nos pays, tant il est vrai qu’il n’y a pas de pays sans paysans. Et que l’agriculture est une dimension essentielle de notre économie. Brignoles étant un des hauts lieux de la viticulture régionale et nationale.
(Propos recueillis par R. Fredon)
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