Bonnet d’âne pour Darcos
L’association des professeurs d’histoire-géographie (APHG) n’est pas connue pour être un repaire de dangereux révolutionnaires. Ses interventions sont regardées pour leur sérieux et leur pondération. Il en faut beaucoup pour que cet aréopage s’autorise un vocabulaire un tantinet violent. Xavier Darcos a réussi l’exploit de faire sortir de leurs gonds ces professionnels avec les nouveaux programmes de l’école primaire qu’il a présentés le 20 février dernier.
Le projet du gouvernement, « irréaliste », est jugé si aberrant que l’association demande un « moratoire » immédiat, « impératif ». Le programme « ne tient compte ni du temps attribué (à l’enseignement de la discipline - NDLR) ni de la diversité des élèves (sociale, familiale, psychologique) et il se perd dans des objectifs inadaptés à des enfants de douze ans », lance l’association qui regrette, notamment, que les horaires prévus pour ces disciplines soient « par la force des choses fortement diminués avec un nombre de connaissances à acquérir beaucoup plus important, en particulier à cause de l’instruction civique et morale ». De plus, prévient-elle, « ces deux disciplines risquent de se réduire à une simple nomenclature de dates, de noms, de personnages et de lieux », créant un « risque d’ennui sérieux pour les élèves ». Visiblement très en colère, les profs d’histoire-géographie pointent dans le texte des aberrations pédagogiques : « À lire les objectifs de compétences du cycle 2, on se demande si les auteurs savent ce qu’est un enfant de six-huit ans, exemple : « mener des investigations, justifier un refus ». » Définitifs, ils concluent : « C’est faire fi des étapes du développement intellectuel. »
Dany Stive
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