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Politique - Article paru le 31 mars 2008

PCF : et maintenant quel projet ?

GAUCHE . Confortés par les résultats, les communistes appellent à un printemps de riposte à Sarkozy et mettent la question du projet pour la société, l’Europe et le monde au coeur de leur congrès.

Ouvert de façon inhabituelle par l’audition publique de candidats et d’élus communistes (1), le Conseil national du PCF, samedi et dimanche, a confirmé que les résultats des élections municipales et cantonales avaient constitué, pour les communistes, « une bonne surprise ». « On est loin des enterrements de première classe qu’on nous préparait depuis l’élection présidentielle », affirme Pierre Laurent dans son rapport. Selon le Conseil national, les résultats redonnent du crédit à « l’ancrage national du PCF ». Cette analyse est contestée par Roger Martelli. « Que malgré une situation exceptionnelle à gauche, nous nous tassions encore un peu n’a rien d’exceptionnel ni de rassurant », estime-t-il. Pour lui, le fait majeur de ces scrutins est une nouvelle avancée du bipartisme : « Cela ne crée pas une situation plus favorable qu’avant les élections. »

« ON EST SORTI DES TRANCHEES »

Ce n’est pas l’opinion de la plupart des responsables départementaux, qui soulignent que les progrès du PCF, dans de nombreux cantons et dans les villes communistes, sont le résultat d’un « militantisme nouveau » et de nouvelles pratiques dans la gestion des communes. « Un formidable investissement militant », souligne Laurence Cohen, du Val-de-Marne, montrant comment le Parti communiste a travaillé à « un rassemblement très large, qui dépasse les appareils politiques ». Dans de nombreuses villes, les listes ont été, à l’initiative du Parti communiste, ouvertes au monde associatif, aux citoyens, à un très grand nombre de syndicalistes. « Des jeunes gens, parfois non adhérents du PCF, ont accepté de porter nos couleurs dans trois cantons d’Indre-et-Loire, indique Jacques Chabalier, le secrétaire départemental. On est sorti des tranchées, on a mis le nez à la fenêtre. »

Ces rassemblements ont été réalisés autour de projets de développement des territoires : projet d’aménagement (transport, logements…) mais également projet de développement économique, indiquent des responsables communistes. Et ils ont été le plus souvent élaborés de façon démocratique. « La démocratie participative marque la renaissance d’un communisme municipal fondé sur de nouvelles pratiques », estime François Auguste, de l’Isère.

Si, comme le souligne Marie-George Buffet, « les élections de 2008 n’effacent ni les résultats de 2007 ni les années de déclin du PCF », les communistes peuvent envisager la prochaine période « avec plus d’ambitions ». Pierre Laurent appelle à « un printemps de riposte », pour s’opposer à « l’accélération des réformes » engagées par Nicolas Sarkozy. Le Conseil national a décidé en ce sens de relancer quatre campagnes politiques : pour « rendre l’argent utile » alors que la crise financière s’approfondit, sur l’Europe, notamment dans la perspective de la présidence française, sur les institutions, pour contrer la dérive autoritaire et le présidentialisme, et sur les jeunes au moment où s’étend la mobilisation lycéenne.

L’ambition du congrès de décembre

Cette ambition doit aussi, selon la direction du PCF, marquer le congrès, fin 2008. « Le congrès doit porter sur le sens même, la pertinence de notre combat et notre utilité pour le mener », insiste Jean-François Gau, qui estime que le résultat des élections doit conduire à traiter ces questions « de façon moins autocentrée, et davantage du point de vue de l’avenir de la société et de la gauche ». Le projet des communistes devrait donc être au coeur du congrès. « Le Parti communiste est-il uniquement une force de contestation sociale, qui rêve du communisme au XXVe siècle, demande Marie-George Buffet ? Ou est-ce que le Parti communiste doit être un grand parti populaire qui propose le projet d’une vie meilleure, une Europe du progrès, des droits pour les peuples face à la mondialisation capitaliste. Une force capable de rassembler une majorité sur un tel projet ambitieux. Je pense que le Parti communiste doit occuper des responsabilités, pas seulement au niveau d’une mairie mais au niveau du pays. » Interrogée sur ce point par les journalistes, Marie-George Buffet a affirmé qu’elle « travaillait pour le prochain congrès au renouvellement

de la direction nationale qui aille jusqu’à la secrétaire

nationale ».

(1) Christian Favier,

président du conseil général du Val-de-Marne, Bruno Piriou, conseiller général

de Corbeil, Daniel Paul, député du Havre, Gilles Garnier, conseiller général

de Seine-Saint-Denis,

et un jeune candidat communiste du canton

de Saint-Vivien-de-Médoc, Stéphane Lebot.

Olivier Mayer

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Tag(s) : #Politique
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