vendredi 28 mars 2008 / "le Patriote"
Samedi soir, veille du week-end pascal, ils ont été enfermés à l’intérieur de centre commercial par le service de sécurité sur ordre de la direction. Celle-ci a en outre coupé l’électricité, ce qui a eu pour effet aussi de couper toute ventilation, et l’eau, dans les locaux occupés par ces salariés. Le conseiller général de Nice, Jacques Victor, est intervenu, au nom du groupe communiste, auprès de la Préfecture, pour dénoncer cette situation indigne de notre époque et les méthodes inqualifiables de la part de la direction du centre. Il a demandé à ce que soit garantie la liberté de circulation des salariés et à ce que l’électricité et l’eau soient rétablies. Si la préfecture a diligenté un commissaire de police afin d’assurer des issues de sortie pour les salariés présents à l’intérieur du centre, elle s’est estimée dans l’incapacité d’obliger la direction à rétablir l’eau et l’électricité. Par ailleurs, celle-ci, face à l’obligation qui lui a été notifiée d’autoriser la sortie des salariés, a donné des instructions à la sécurité afin qu’elle empêche tout salarié qui sort de revenir sur les lieux, ce qui, dans les faits, a eu pour conséquence d’obliger les salariés à rester sur les lieux pendant ces trois jours du week-end pascal, sans aération, sans eau ni électricité, dans une situation sanitaire plus que problématique.
Pour autant, leur détermination reste sans faille : contactés lundi par téléphone, ils étaient six à avoir gardé le local pour empêcher le patron de les expulser et ils ont bien l’intention de défendre leur emploi jusqu’au bout et au-delà du 31 Mars, date officielle de la fermeture du restaurant (1). Mardi matin, un rassemblement de soutien a eu lieu devant la devanture, à l’initiative de la CGT, pour les libérer, puisque sur ordre de la direction, ils avaient été « emmurés » côté galerie marchande, selon les témoins par le Directeur de « Mélodine »(appartenant au même groupe financier) lui-même ! Chaîne, cadenas, peinture sur la vitrine, tout y était pour cacher aux yeux de la clientèle les salariés qui se battent pour leur emploi. Et de l’autre côté, impossible de sortir, puisque les vigiles les auraient empêchés de revenir ! Le commissaire de police du secteur est venu intimer l’ordre aux vigiles de laisser l’issue de la galerie libre afin que leurs camarades puissent les libérer. Les salarié(e)s libéré(e)s, laissant éclater leur joie n’ont eu de cesse de dire à la presse et aux médias combien est choquante et indigne l’attitude de leur direction qui, au lieu de les rencontrer, de reconnaître leurs compétences et leurs années de travail –pour certaines trente-cinq ans !-à son service, les a fait emmurer pendant 64 heures. On apprenait par ailleurs ce matin qu’un référé pour expulsion des salariés a été introduit par la direction.
Rappelons qu’un rassemblement devant la gare de St Laurent du Var avait réuni Jeudi 20 Mars de nombreux(ses) salarié(e)s des entreprises du département en solidarité avec eux ces 55 salariés et leurs familles qui vivent depuis un mois dans l’incertitude du lendemain depuis qu’ils ont appris la fermeture le 31 Mars prochain de leur restaurant en raison d’un vaste projet de réorganisation de la galerie marchande. Malgré leurs nombreux appels aux autorités publiques et encore ce jeudi auprès du maire de St Laurent du var(2), malgré les nombreux soutiens reçus aussi bien des syndicats CGT des Alpes maritimes,(cheminots, traminots, hospitaliers et bien d’autres présents lors de ce rassemblement) que des clients du centre commercial avec prés de 8000 signatures recueillies, l’interpellation auprès de la préfecture et du la DDT n’a rien donné.
La désobéissance civile devient un devoir quand on a affaire à des patrons-voyous, qui ne daignent même pas dialoguer avec leurs salariés eux qui ont pourtant produit leurs profits depuis trente-cinq ans. Comme ici, c’est cette insécurité sociale que les discours sécuritaires de la droite passent sous silence, et elle a un nom : le capitalisme dont les profits gigantesques ne suffisent plus à leurs possédants (Ici :AGAPES du groupe Auchan ( Kiabi et la chaîne Flunch)appartenant à la famille Mulliez dont la fortune a été chiffrée par le magazine Challenge à 17 milliards d’euros).
Emmanuelle Gaziello
Si vous souhaitez contacter ou soutenir les salariés en question, appeler le journal au 04.97.00.09.05
(1)voir notre édition du 14 Mars
(2)Le premier adjoint du maire de St Laurent du Var a promis d’organiser une rencontre entre les directions de La Frégate, de Cap 3000 et les représentants des salariés. Au moment de la mise sous presse rien n’était intervenu.
Légende Photo :DR
Rassemblement de soutien du 20 Mars à St Laurent Après 64 heures d’occupation, les salariés emmurés derrière la vitrine cadenassée par leur direction.
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